Argent versé à une usine qui ferme : Xavier Bertrand n'exclut pas d'aller "devant les tribunaux"

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Le président de la région Hauts-de-France entend récupérer les 12 millions d'euros accordés en 2012 par la collectivité au géant texan Huntsman qui, malgré cette dotation, est sur le point de fermer son usine calaisienne.

"I want my money back !" Paraphrasant Margaret Thatcher, Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, a exigé dans les colonnes de La Voix du Nord que le géant texan Huntsman, propriétaire de l’usine Tioxide de Calais,, rembourse les 12 millions d’euros accordés en 2014 par l’ancienne majorité pour sauvegarder le site. La raison de cette colère : le propriétaire a finalement confirmé la fermeture de l’usine d’ici la fin de l’année, ce qui devrait entraîner la disparition de 108 emplois. "Quand il s’agit de favoriser l’emploi, je suis prêt à mettre de l’argent sur la table. Mais le jour où les entreprises, surtout si peu de temps après, décident de partir et font une croix sur les emplois, je demande à récupérer l’argent de la région", a fait valoir Xavier Bertrand mercredi au micro d’Europe 1 Midi.

Un argument juridique sur la table. "J’estime qu’à l’époque [en 2014, lorsque l’argent à été accordé, ndlr], ils avaient déjà l’idée derrière la tête. Je pense qu’à l’époque, ils savaient déjà qu’ils ne continueraient pas l’exploitation", avance l’ancien ministre du Travail, qui envisage désormais de se tourner vers la justice. "Dans le droit français, il doit y avoir une exécution des contrats de bonne foi. Je veux justement montrer qu’à l’époque, ils avaient déjà l’intention de partir et, sur ce fondement juridique, je veux demander le remboursement de cette somme", détaille-t-il. L’élu entend prendre contact avec le patron du groupe pour lui faire savoir : "Si vous ne voulez pas trouver une solution à l’amiable, on ira devant les tribunaux".

Des intentions opaques. Pour le responsable LR, les conditions dans lesquelles cet argent a été accordé n’ont toutefois pas été suffisamment verrouillées. "Mes prédécesseurs [la majorité socialistes, ndlr]  […] avaient voulu mettre noir sur blanc une clause sur le maintien de l’emploi. Le groupe s’y était opposé, et en plus les syndicats avaient fait valoir leur droit d’alerte, ce qui montre bien que déjà, à l’époque, les intentions du groupe n’étaient pas très claires".

"Permettre aux salariés de retrouver une autre activité". "On parle beaucoup d’argent, mais il ne faut pas oublier les gens, les salariés qui doivent savoir que le groupe a aussi des obligations à leur égard et ne doit pas se contenter du strict minimum", martèle Xavier Bertrand. "Quand on part, et quand on part mal, on met les moyens pour permettre aux salariés de retrouver une autre activité".