ARCHIVES E1 - Les fils de Simone Veil se souviennent de son combat pour l'IVG : "elle a été meurtrie par la violence"

  • A
  • A
Partagez sur :

À l'occasion des quarante ans de la loi Veil, en 2014, Jean et Pierre-François Veil étaient les invités de la matinale d'Europe 1. Retrouvez leur interview.

ARCHIVES EUROPE 1

En novembre 2014, quarante ans après l'adoption de la loi Veil, Jean et Pierre-François Veil étaient les invités de Thomas Sotto sur Europe 1. Les fils de Simone Veil, disparue ce 30 juin à 89 ans, se souvenaient alors du combat de leur mère pour faire adopter l'IVG à une Assemblée presque exclusivement masculine.

"J'étais très fier de maman et je regardais tout ça avec beaucoup d'attention", raconte Jean Veil, qui fêtait ses 27 ans le jour même où sa mère présentait son projet de loi dans l'hémicycle. "Le moment du discours est un moment important" mais, ajoute-il, "on n'avait pas encore mesuré la violence qui allait se déchaîner après".

Coups bas. Durant le débat parlementaire, particulièrement houleux, qui a suivi, Simone Veil est la cible de nombreuses attaques personnelles, souvent violentes et qui ne manquent pas de faire référence, plus ou moins implicitement, à son passage par les camps de concentration. "Je me souviens qu'un parlementaire était venu avec des fœtus dans un bocal avec du formol, et un autre avait accusé maman de vouloir jeter les cadavres des fœtus aux fours crématoires, ayant totalement oublié ce qu'avait été le passé de maman", rapporte Jean Veil.

"Nous habitions tout près du ministère de la Santé, il m'arrivait le soir d'aller chercher maman et nous rentrions tout de même à pied", a relaté pour sa part Pierre-François Veil, alors que Simone Veil recevait de nombreuses menaces à cette époque. "Il y a avait une ambiance un petit peu tendue, mais maman marchait à pied dans la rue, ce n'était pas un souci".

"L'avortement, c'est un drame". "Elle a été meurtrie par la violence, mais je crois quand même qu'il ne faut pas oublier le combat qui avait été mené par Lucien Neuwirth pour la pilule, qui était extraordinairement important pour la vie quotidienne des femmes, beaucoup plus que l'avortement", a également voulu rappeler Jean Veil. "L'avortement, comme le rappelait maman, c'est un drame".