Bachar al-Assad, soutien encombrant pour François Fillon

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Bachar al-Assad, soutien encombrant pour François Fillon
"Si Monsieur Fillon met en application ce qu’il dit, ce sera très bien", a déclaré le président syrien Bachar al-Assad lundi matin. @ Thomas SAMSON / AFP
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Le président syrien a dit lundi tout le bien qu’il pensait des positions du candidat de droite à la présidentielle. La gauche en profite, le camp Fillon minimise. 

Il y a des soutiens dont on se passerait probablement bien. Ainsi, quand le président syrien Bachar al-Assad, accusé de réprimer depuis plusieurs années son peuple dans le sang, dit publiquement du bien de François Fillon, en matière de politique étrangère, le camp du candidat de la droite ne verse logiquement pas dans l’extase. Surtout quand ce soutien suit celui de Vladimir Poutine, le controversé président russe, qui a lui aussi dit tout le bien qu’il pense de l’ancien Premier ministre français. Si les conséquences, en termes électoraux, sont difficilement quantifiables, ce n’est pas un hasard de voir les adversaires de François Fillon exploiter ces soutiens gênants, et de voir le camp du vainqueur de la primaire de la droite minimiser.

Poutine et le régime syrien impopulaires
En la matière, les sondages commencent un peu à dater, mais ils marquent tour de même une tendance assez nette. En octobre 2015, 72 % des personnes interrogées disaient avoir une mauvaise opinion (dont 33% une très mauvaise) de Vladimir Poutine, selon une étude Ifop pour le JDD. Une telle enquête n’existe pas concernant Bachar al-Assad n’existe pas, mais dans le même sondage, 75% des sondés pensaient que le président russe avait tort de soutenir le régime du président syrien.

Et l’image du président syrien dans l’opinion française s’est sans doute encore dégradée avec le siège sanguinaire d’Alep-Est. Alors voir Bachar al-Assad dire sa préférence pour François Fillon n’est pas franchement une bonne nouvelle. "Si Monsieur Fillon met en application ce qu’il dit, ce sera très bien", a déclaré le président syrien à France Info lundi matin. "Sa position sur les terroristes, quand il dit que ça reste la priorité et que l’on ne doit pas faire ingérence dans les affaires des autres pays, cette position est la bienvenue", a-t-il insisté.

La gauche s’indigne
Cette approbation de ses positions en matière de politique étrangère, les adversaires politiques de François Fillon n’ont pas manqué de l’exploiter. Avec sobriété pour Arauad Montebourg, sur Europe 1 : "Les Français doivent choisir indépendamment des opinions exprimées publiquement par des hauts dirigeants d'États". Avec plus de virulence pour Benoît Hamon. "Je trouve incroyable qu'un homme qui a délibérément bombardé sa population civile, utilisant des armes chimiques, a bombardé des hôpitaux avec la complicité de la Russie, puisse se poser aujourd'hui comme donneur de leçons. Je trouve incroyable qu'on lui trouve des excuses ici en France quand j'écoute monsieur Fillon ou monsieur Mariani", a déclaré l’ancien ministre de l’Education sur RTL, qui fait référence à la posture de l’ancien Premier ministre, mais aussi au député LR Thierry Mariani, qui a rencontré de sa propre initiative dimanche Bachar al-Assad.

L’essayiste Raphaël Glucksmann, parmi d’autres, s’est lui aussi indigné sur Twitter :

Le camp Fillon droit dans ses bottes
Pour autant, point de gêne apparente dans le camp du candidat de la droite. "François Fillon a toujours eu une position constante sur la question, qui est celle de mettre tous les acteurs autour de la table. Cette phrase ne nous gêne pas", assure à Europe1.fr Thierry Solère, porte-parole de l’ancien Premier ministre.  "La diplomatie, ce n’est pas de chercher qui sont les méchants et les gentils. La priorité dans ce dossier, c’est la lutte contre le terrorisme".

Pour autant, l’ancien président du comité d’organisation de la primaire de la droite prend bien soin de prendre ses distances avec l’initiative de Thierry Mariani. Le député Les Républicains, accompagné en Syrie par deux collègues de l’Assemblée, le MoDem Jean Lassalle et le LR Nicolas Dhuicq, s’est rendu pour la troisième fois depuis novembre 2015 en Syrie. Et dimanche, les trois hommes ont rencontré le président syrien. "Ils n’étaient pas mandatés par notre candidat. C’était une initiative personnelle", insiste Thierry Solère. "Ils font ce qu’ils veulent en tant que parlementaires."