Affaire Cahuzac : Moscovici riposte

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Affaire Cahuzac : Moscovici riposte
Pierre Moscovici n'apprécie pas les propos tenus par Charles de Courson dans les médias.@ REUTERS
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Mis en cause par le président de la commission d’enquête, le ministre des Finances réplique par lettre.

L'INFO. Pierre Moscovici n'est pas content. Mis en cause par Charles de Courson, président de la commission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, le ministre des Finances a répondu vendredi par une lettre, que Le Monde s'est procurée. Il démonte point par pont l'argumentaire déroulé par le député centriste lors de nombreuses interviews.



Courson dans la lumière. Peu connu du grand public, Charles de Courson a pourtant largement écumé les plateaux télé et radios ces derniers jours. C’est qu’en tant que président de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Cahuzac, le député UDI profite d’une exposition inédite depuis le député de sa carrière. Et l’élu de la Marne met à profit cette fenêtre médiatique pour accuser tant François Hollande que des membres du gouvernement d’avoir au mieux mal géré l’affaire, au pire d’avoir été au courant de l’existence du compte caché de l’ancien ministre du Budget. Jeudi, plusieurs ténors socialistes ont condamné cette attitude. Vendredi, c’est Pierre Moscovici lui-même qui contre-attaque.

Moscovici en colère.Entendu mardi soir par la commission, le ministre des Finances n’a semble-t-il pas apprécié les commentaires faits par Charles de Courson dans les médias. "Votre comportement montre que, loin de chercher à établir une vérité de façon impartiale, vous tentez de donner chair à une thèse politique, développée avant même le début de votre enquête", écrit Pierre Moscovici à son contradicteur, qui l’avait taxé d’"incompétence" à la télévision.

"Inexact", "inexact", "inexact". Le ministre des Finances s’attache aussi à répondre point par point à Charles de Courson. Le député centriste avait ainsi estimé que la réponse de la Suisse à la question de Bercy sur l'existence ou non d'un compte bancaire de M. Cahuzac dans ce pays, telle qu'elle était formulée, ne pouvait "être que négative". "Cette assertion est totalement inexacte", écrit le ministre, citant dans le détail les explications données par Bruno Bézard, directeur général des finances publiques, lors de son audition du mardi 28 mai ainsi que ses propres réponses mardi. "Soutenir que la raison en est une mauvaise rédaction de la question, qui plus est volontaire, me semble relever de l'incompréhension technique, de la mauvaise foi ou - pire - d'une lecture juridique biaisée par des considérations politiques", s’indigne-t-il.

 
17.07 Commission Cahuzac

© maxppp

"Il est également inexact d'affirmer, comme vous l'avez fait, que ‘le 16 janvier, à l'issue du Conseil des ministres, Pierre Moscovici a demandé [une] réunion informelle pour se couvrir’", peut-on lire dans la missive. Le ministre avait reconnu mardi la tenue d'une réunion le 16 janvier à l'Elysée au cours de laquelle il avait informé le tandem Hollande-Ayrault, en présence de Jérôme Cahuzac, de la possibilité d'utiliser la procédure d'entraide administrative avec la Suisse. "En aucun cas, contrairement à ce que vous laissez entendre, Jérôme Cahuzac n'a été ‘associé’ au processus de rédaction ni d'envoi de la lettre conséquente, que cela soit au fond ou sur la forme", réitère Pierre Moscovici au sujet du courrier adressé à la Suisse.

Le ministre se défend enfin des accusations, là encore qualifiées d’"inexactes" d'"opération parallèle sans précédent" concernant la demande faite à la Suisse par l'administration. "Contrairement à ce que vous avez sous-entendu, l'ouverture d'une enquête préliminaire ne suspend en aucun cas l'enquête fiscale - faute de quoi, du reste, une grande partie des impôts fraudés ne pourraient être récupérés sans risque juridique, ce qui n'est pas, j'imagine, votre souhait", argue-t-il.

"Hélas". "Vous n'apportez aucune démonstration et révélez l'esprit qui vous anime et, hélas, la méthode qui en découle", accuse-t-il enfin, en demandant au député d'adresser copie de la lettre aux autres membres de la commission d'enquête.