Villeneuve-sur-Lot : un marché très prisé

Parmi les nombreuses personnalités qui ont fait un tour au marché de Villeneuve-sur-Lot, deux ministres : Manuel Valls et Stépahne Le Foll.
Parmi les nombreuses personnalités qui ont fait un tour au marché de Villeneuve-sur-Lot, deux ministres : Manuel Valls et Stépahne Le Foll.
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Campagne électorale oblige, la place Lafayette a vu passer du beau monde ces derniers mois.

Ces dernières semaines, c’était un peu "The place to be". L’endroit où nombre de caciques des partis politiques de tous bords ont fait l’effort de se montrer. Jamais sans doute le marché de Villeneuve-sur-Lot n’avait vu passer autant de beau linge dans un laps de temps si court. Comme si la place Lafayette, où fleurissent les étals chaque mardi et samedi matin, était devenue depuis la démission de Jérôme Cahuzac l’endroit le plus couru du moment. En moins de deux mois, des dirigeants de parti, des ministres, et des lieutenants à la pelle, sans compter de nombreux journalistes, ont arpenté les pavés pour tenter d’accrocher l’électeur. Sélection.

Marine Le Pen ouvre le bal

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Conscient d’avoir une bonne chance d’obtenir un troisième siège à l’Assemblée nationale, le Front national avait décidé de tirer le premier pour cette législative partielle. C’est donc dès le 4 mai que Marine Le Pen a fait le déplacement pour soutenir le jeune candidat frontiste, Etienne Bousquet-Cassagne, 23 ans. Une visite qui a déclenché une telle cohue que la présidente du Front national, qui certes ne venait pas faire ses courses, n’a pas pu pénétrer sur le site même du marché.

Cahuzac envers et contre tout

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Une semaine plus tard, plusieurs commerçants ont sans doute manqué de renverser leur stand de surprise quand ils ont vu  Jérôme Cahuzac, leur ex-député, sourire aux lèvres, arpenter les travées du marché. En ce 11 mai ensoleillé, l’ancien ministre du Budget reprend le pouls de la population, moins d’un mois après ses spectaculaires excuses télévisées. Il laisse encore planer le doute sur sa participation à la législative partielle, participation dont pourtant personne ne veut dans son ancien camp. Malgré ce culot parfois estomaquant, l’ancien ministre du Budget jettera finalement l’éponge, à contrecoeur. Depuis, il délaisse la place Lafayette.

Désir de pas venir

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Conscient du contexte pour le moins négatif qui entoure le candidat socialiste Bernard Barral, le Parti socialiste envoie le 1er juin son premier secrétaire. Harlem Désir, venu aussi inaugurer la permanence de son champion, avait eu la désagréable surprise d’être accueilli à quelques encablures du marché par quelques manifestants opposés au mariage gay.

Deux ministres, en vain

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La venue de Harlem Désir n’ayant pas marqué les foules, le Parti socialiste sort l’artillerie lourde une semaine plus tard. Le 8 juin, ce sont donc deux ministres, Manuel Valls et Stéphane Le Foll, qui s’avancent pour soutenir leur champion. Les ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture distribuent force poignées de mains et sourires et, floqués de Bernard Barral, s’adonnent aux traditionnelles dégustations. Mais les esprits, ceux des chalands comme ceux des journalistes, sont plus tournés vers l’agression mortelle, deux jours plus tôt, du militant antifasciste Clément Méric à Paris. Et, comme une prémonition pour le PS, le temps est au gris. Huit jours plus tard, le candidat socialiste sera éliminé dès le premier tour.