Amy Winehouse, la vie en noir

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Amy Winehouse, la vie en noir
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PORTRAIT - La Britannique, qui a explosé avec l'album Back to black, a mené une vie d'excès.

"They tried to make me go to rehab and I said : no, no, no" (Ils ont essayé de m'envoyer en cure mais j'ai dit : "non, non, non"). Les premières paroles du tube planétaire "Rehab" qui a consacré Amy Winehouse disent tout de la chanteuse de soul britannique : son indépendance revendiquée et un tas de dépendances.

"Rehab", le single phare de l'album Back to black :

Amy Winehouse est décédée samedi, chez elle, après plusieurs années d'errance qui ont fait de cette mort brutale une issue presque attendue. Depuis plusieurs semaines, elle vivait visiblement recluse à boire de l'alcool tout au long de la journée, sans même avoir la force de sortir de son domicile... "I cheated myself, like I knew I would" (Je me suis dupée moi-même, comme je savais que je le ferais), chantait-elle dans le prophétique "You know I'm no good".

"You know I'm no good", single sorti en 2007 :

A l'instar de Pete Doherty, son alter ego masculin, Amy Winehouse était devenue ces dernières années la proie privilégiée de la presse à scandales britannique, qui avait fait de sa vie un feuilleton, entre cures de désintoxication à répétition et dérapages en public. A l'été 2007, alors en pleine promotion de son album, elle avait été hospitalisée pour ce qui fut présenté à l'époque comme une overdose d'héroïne, d'ecstasy, de cocaïne, de kétamine et d'alcool. Dès lors, son nom n'apparaîtra plus que dans la colonne des faits divers, avec de multiples passages devant les tribunaux, essentiellement pour détention et consommation de drogues, mais aussi pour voie de fait ou violences commises par elle ou par ses compagnons et amis.

Onze millions d’exemplaires vendus pour Back to black

Après une longue absence, elle avait fait son retour sur scène à Belgrade le 18 juin dernier. Ivre, elle avait été copieusement sifflée pour ce qui restera comme sa dernière prestation en public.

Amy Winehouse se produit ive sur scène à Belgrade :

Après ce triste épisode, Amy Winehouse avait décidé de renoncer au reste de sa tournée, qui devait passer notamment par le festival de Nyon en Suisse, une habitude depuis 2007 et son explosion médiatique. Cette année-là, puis en 2008, elle avait annulé à la toute dernière minute sa participation au festival Rock en Seine, à Saint-Cloud. Devenue source de sarcasme et de moqueries, la chanteuse de talent s'était alors définitivement muée en icône trash pathétique.

Avec seulement deux albums - un troisième devait sortir cette année -, Amy Winehouse restera comme l'une des plus grandes artistes de ce début de XXIe siècle. Bercée au rythme de Frank Sinatra par son père, chauffeur de taxi, elle suivit les cours d’une école de chant à Londres avant d’en être expulsée à 14 ans en raison de son piercing nasal...

Après avoir été choriste dans un groupe, elle sortit son premier disque solo à 20 ans, en 2003, Frank, qui posa les jalons de ce qui fera son triomphe quelques années plus tard : des rythmes langoureux, une voix unique et des influences jazzy. Cet album obtint un beau succès, grâce notamment à un premier single épatant, "Stronger than me".

Le premier single d'Amy Winehouse "Stronger than me" :

Mais c'est avec Back to black, sorti en octobre 2006, qu'Amy Winehouse se révéla mondialement. Lors de la cérémonie des Grammy awards 2008, elle décrocha cinq trophées : meilleur album, meilleur album pop, chanson de l'année, meilleure interprète féminine pop et meilleure nouvelle artiste. Mais elle n'avait pas pu assister physiquement à son propre triomphe, les autorités américaines lui ayant refusé un visa en raison de ses problèmes avec la justice... Si l'imparable "Rehab" a fait un carton sur les ondes, l'album contient d'autres pépites, comme "You know I'm no good" et l'éponyme "Back to black".

Le single éponyme de l'album Back to black :

Avec cet album, Amy Winehouse a ouvert la voie du succès commercial à d'autres chanteuses soul, comme Duffy. La Londonienne laisse un héritage immense malgré l'âge indécent de sa mort, 27 ans, qui la fait rejoindre le mythique "club des 27".