Satan.fr et hitler.fr à vendre

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Satan.fr et hitler.fr à vendre
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30.000 noms de domaine ont été mis en vente, dont certains étaient interdits.

"Entreprise", "email", "internet", mais aussi "islam", "genocide" et même "hitler". Depuis le 1er juillet, ces quelques noms de domaine, aux côtés de 30.000 autres, jusqu’alors interdits, peuvent désormais être achetés par toute personne ayant un motif "légitime", notion qui doit être définie dans les prochains jours par décret. "Il ne faut pas nier le fait que parmi ces noms, certains sont innocents mais d'autres sont vraiment très sensibles", résume Loïc Damilaville, directeur général adjoint de l'Association française pour le nommage internet en coopération (Afnic), l'office d'enregistrement officiel du .fr.

Les termes concernés sont répartis en plusieurs catégories. Dans "Crimes", se trouvent "camp-de-concentration", "hitler", "xenophobie", "nazisme". Dans "Libertés" prennent place "coran", "mosquee", "syndicat", "satan", "dieu" ou encore "eglise". Dans "Valeurs", ont été placées "esclave", "maison-close", "mutilation". Des milliers de noms de pays et de communes françaises ont également été mis à disposition d'éventuels acheteurs.

"Internet", "webmaster" et "email" les plus demandés

Toute personne, physique ou morale, "démontrant des motifs légitimes" et ayant été la première à déposer son dossier, pourra devenir propriétaire d'un de ces nouveaux noms de domaine, pour développer un site internet, un portail ou des adresses internet reliées. Depuis vendredi, l'Afnic a indiqué avoir reçu plus de 4.000 dossiers de demande. "Ces demandes concernent plus d'un millier de termes différents, nous avons donc en moyenne trois demandes pour un même terme. Les mots les plus demandés sont ‘internet’, ‘webmaster’, ‘email’ ou encore ‘entreprise’", indique Isabelle Toutaud, responsable juridique de l'Afnic.

Reste à définir la notion de "motif légitime" pour acquérir tel ou tel nom de domaine. "Le décret d'application devrait encadrer ce que l'on entend par légitime, et il faudra voir de qui émanent les demandes que nous recevons", indique Loïc Damilaville. "Ensuite bien sûr, si l'utilisation du nom de domaine n'est pas conforme à ce qui était indiqué dans le dossier, s'il y a des utilisations excessives ou des dérives, le nom de domaine pourra potentiellement être repris." Dans l'attente de la publication du décret, les dossiers ne peuvent pas encore être étudiés, a précisé l’Afnic.

Plus de deux millions de domaines .fr

Cette libération de quelque 30.000 noms a été permise par une décision du Conseil constitutionnel datant d’octobre 2010. Les Sages avaient en effet censuré la loi de 2004 encadrant l'attribution des noms de domaine sur Internet. Le Conseil avait en effet estimé qu'au regard du "développement généralisé des services de communication au public en ligne", l'encadrement "du choix et de l'usage des noms de domaine affectait la liberté de communication et la liberté d'entreprendre".

En avril dernier, le nombre de noms de domaines se terminant par .fr avait dépassé la barre des deux millions. Au niveau mondial, le .fr occupe la 15e place. En tête du palmarès, l'extension .com qui compte quelque 85 millions de noms enregistrés. Deux autres extensions dépassent les 10 millions: le .de (Allemagne) et le .net (générique).