News of the World, le scandale de trop

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News of the World, le scandale de trop
@ REUTERS
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Après 168 ans de succès, de scoops mais aussi de scandales, le tabloïd va cesser de paraître.

Près de trois millions de Britanniques vont être bientôt orphelins de leur tabloïd préféré. Dimanche, paraîtra en effet l’ultime numéro de News of the World(NotW), hebdomadaire spécialisé dans la révélation de scandales, mais plongé depuis plusieurs jours au coeur d’une polémique qui lui aura finalement été fatale. Le magnat de la presse Rupert Murdoch, propriétaire du titre, en a fait l’annonce jeudi, mettant ainsi fin à 168 ans d’une histoire mouvementée. Retour sur les principaux scandales liés au sulfureux tabloïd.

La messagerie dune adolescente décédée piratée. Ce scandale restera comme le dernier pour News of the World, celui qui a précipité sa perte. Les faits remontent à 2002. Selon le quotidien The Guardian, un détective privé travaillant pour le NotW aurait piraté la messagerie de Milly Dowler, une écolière de 13 ans enlevée et tuée, après sa mort. L’homme serait allé jusqu’à effacer certains messages pour que la boîte vocale ne soit pas pleine. Des agissements qui ont laissé penser aux enquêteurs, et donc aux parents de l’adolescente, qu’elle était encore en vie. Cette ultime affaire n’est finalement qu’une conséquence de l’énorme scandale des écoutes téléphoniques qui avait éclaté en 2007.

Le Prince Harry et Alex Ferguson sur écoute. Le tabloïd britannique s’est fait une spécialité d’écouter en toute illégalité les conversations téléphoniques de leur sujet. Le premier scandale a concerné la famille royale en général et le prince Harry en particulier. Puis il est apparu que des hommes politiques, des personnalités, des stars du monde sportif, comme Alex Ferguson, entraîneur de Manchester United, avaient aussi été piratés. Enfin, les portables de victimes de crimes crapuleux, de proches de personnes tuées dans un attentat d'Al-Qaïda ayant fait 52 morts à Londres en 2005, ou encore les familles de militaires morts en Irak ou en Afghanistan ont également été pénétrés. La police a estimé que la liste des personnes susceptibles d'avoir été écoutées pourrait compter jusqu'à 4.000 noms.

Ce scandale avait valu quatre mois de prison ferme à Clive Goodman, correspondant chargé de suivre la famille royale, et la démission du rédacteur en chef de l’époque, Andy Coulson. L’affaire a rebondi en 2011, avec la récente arrestation de trois autres journalistes. Le même Andy Coulson a même été obligé de quitter son poste de conseiller du Premier ministre David Cameron face à l’ampleur de la polémique.

Une comtesse piégée par un "faux sheik". En Grande-Bretagne, le journaliste Mazher Mahmoud est le seul de sa profession à bénéficier de gardes du corps. L’homme est surnommé le "faux seikh" en raison du déguisement en riche Arabe qu'il endosse régulièrement, un subterfuge pour piéger des célébrités et obtenir des indiscrétions. Sophie, la comtesse de Wessex, belle-fille de la reine Elizabeth II, a été coincée par le journal en 2001 en train visiblement d'exploiter ses relations avec la famille royale pour le bénéfice de son entreprise de relations publiques, et de faire des remarques désobligeantes sur le Premier ministre de l'époque Tony Blair. Le faux sheikh a également permis de révéler en 2010 une énorme affaire de matches présumés truqués par des joueurs de cricket pakistanais.

Selon le tabloïd, les articles écrits par Mazher Mahmoud ont conduit à plus de 100 condamnations. Mais ses méthodes sont de plus en plus discutées. Et ne sont pas toujours fiables. En juillet 2006, trois suspects ont ainsi été blanchis devant un tribunal dans une affaire de terrorisme, alors que le journaliste star avait apporté selon lui des preuves d'un complot visant à acheter du mercure radioactif.

Le faux enlèvement de Victoria Beckham. "Nous avons déjoué le crime du siècle", proclamait News of the World en juin 2003. L’hebdomadaire, qui s’appuyait sur le témoignage d’un réfugié kosovar de 27 ans. Or, NotW a ensuite admis avoir payé son informateur, qui s’est révélé être criblé de dettes. L’homme avait reconnu avoir lancé une plaisanterie sur l’enlèvement de l’ex-Spice Girls à quatre Roumains qui avaient ensuite rebondi sur la blague, sans savoir qu’ils étaient enregistrés.