Yémen : l'ONU accuse la coalition et les Houthis d'exactions contre les civils

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Yémen : l'ONU accuse la coalition et les Houthis d'exactions contre les civils
Image d'illustration.@ AFP
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Selon un rapport de l'ONU, la coalition menée par l'Arabie saoudite ainsi que les rebelles Houthis commettent au Yémen des "violations du droit international humanitaire".

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a bombardé au moins un objectif civil en violation des lois humanitaires, selon un rapport d'experts de l'ONU destiné au Conseil de sécurité.

La population civile utilisée comme bouclier. Ce rapport accuse par ailleurs les rebelles chiites Houthis de se servir de la population comme d'un bouclier et signale que la branche yéménite d'Al-Qaïda a perfectionné ses techniques de fabrication de mines artisanales. Les experts concluent à "des violations du droit international humanitaire" commis par les Houthis et leurs alliés, par la coalition menée par Ryad et par le gouvernement yéménite. "La majorité des victimes civiles de toutes ces attaques sont des femmes et des enfants", souligne le rapport.

Enquête sur plusieurs raids. Ainsi le 25 mai 2016, la coalition a mené "un raid aérien ciblant une maison civile" dans le village de al-Mahala, à Lahj. Six occupants de la maison ont été tués, dont quatre enfants. "Il n'y a aucune preuve (..) que cette maison était un objectif militaire au moment de l'attaque", affirment les experts. Ils disent "poursuivre leur enquête" sur trois autres raids aériens qui auraient pu aussi causer des victimes civiles "en violation des lois humanitaires internationales".

Explosion de munitions dans des zones peuplées. La coalition, qui mène une campagne de bombardements depuis mars 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite contre les rebelles, a toujours affirmé ne pas viser délibérément des cibles civiles. Les experts se déclarent "presque certains qu'à al-Mukha, dans le gouvernorat de Taëz, les Houthis ont dissimulé des combattants et leur équipement dans ou à proximité de civils et d'installations civiles dans le but d'éviter une attaque (..) mettant ainsi délibérément la population civile en danger". Les rebelles font aussi exploser des munitions, par exemple des roquettes, dans des zones peuplées, notamment à Taëz.