Syrie : des échantillons envoyés en Jordanie

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Syrie : des échantillons envoyés en Jordanie
Après avoir essuyé des tirs, les experts de l'ONU ont pu ensuite rester et parler pendant près de 3 heures à des victimes et médecins syriens.@ Reuters
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INFO E1 - En parallèle de l’enquête onusienne sur les lieux du massacre chimique, des médecins syriens ont fait des prélèvements.   

L’INFO. L'utilisation d'armes chimiques près de Damas le 21 août est "indéniable". Cette déclaration est signée lundi John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, alors que les experts de l'ONU recueillent actuellement des échantillons sur le site de l'attaque présumée, dans la banlieue sud-ouest de Damas, à Mouadamiya. Europe 1 a appris qu’en parallèle de cette enquête officielle, des médecins syriens ont envoyé clandestinement des échantillons de sang, d'urine et de cheveux vers la Jordanie. Ce sont des laboratoires français qui devraient les analyser.

enquêteurs de l'ONU en Syrie

© REUTERS

Des corps dans des housses étanches. L’enquête de la délégation onusienne a été semée d’embûches. Après avoir essuyé des tirs, ils ont pu ensuite rester et parler pendant près de 3 heures à des victimes et médecins syriens. Les trois inspecteurs ont aussi récupéré des échantillons, du sang sur des victimes apparemment contaminés par des gaz chimiques. Selon la coalition nationale syrienne, les experts ont même pu ramener des cadavres, dans des housses étanches en plastique. Mais sept jours après l'attaque chimique, le gaz est-il toujours détectable ? "Si quelqu'un est décédé du sarin, une fois que ce sarin a fait ses effets et est présent dans le sang, celui-ci va conserver pendant plusieurs semaines les traces de l'exposition. Il n'y a aucune difficulté à faire ces analyses", assure Pascal Kintz, président de Xpertise consulting, expert en toxicologie, interrogé par Europe 1.

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Retrouver les restes d’armes utilisés. Mais prélever du sang et parler aux victimes, ça ne suffit pas pour prouver que le régime syrien a utilisé du gaz sarin. L'enquête ne doit pas s'arrêter là, prévient le consultant en armes chimiques, Ralf Trapp, qui a formé des dizaines d'inspecteurs de l'ONU : "ils sont restés seulement trois heures. Ce n'est pas assez pour ce type d'enquête, car ils doivent aussi aller voir là où les bombes sont tombées et essayer de retrouver les restes d'armes utilisées. S'ils ne le font pas, l'enquête sera incomplète".