Pour François Hollande, les Occidentaux doivent faire pression sur la Russie et la Turquie sur le dossier syrien

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Pour François Hollande, les Occidentaux doivent faire pression sur la Russie et la Turquie sur le dossier syrien
François Hollande critique la position d'Emmanuel Macron, qui ne demande pas le départ du président syrien. @ Eric FEFERBERG / AFP
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L'ancien chef de l'Etat souhaite l'instauration de zones d'exclusion aérienne afin de faire cesser des bombardements sur hôpitaux et civils et prône des sanctions contre Moscou et Ankara.

Il a décidé de sortir de sa réserve et c'est sur le dossier syrien qu'il le fait. L'ancien président François Hollande estime que l'Otan et les pays européens doivent faire davantage pression sur la Russie, y compris par la "menace", et sur la Turquie pour obtenir l'arrêt des offensives dans la Ghouta orientale et l'enclave kurde d'Afrine en Syrie. "C'est la Russie qui est la puissance principale (en Syrie, ndlr) et le risque est sérieux d'une escalade si aucune limite ne lui est fixée", déclare l'ancien chef de l'Etat dans une interview au quotidien Le Monde.

"La Russie doit être menacée". "On doit parler à Vladimir Poutine (...) Mais ce n'est pas une raison pour laisser la Russie avancer ses pions sans réagir. La position de Donald Trump n'est ni claire ni prévisible, c'est donc à la France, à l'Europe, à l'Otan de se mettre en mouvement", martèle-t-il, critiquant au passage la ligne diplomatique de son successeur Emmanuel Macron. "La Russie se réarme depuis plusieurs années, et si elle est menaçante, elle doit être menacée", poursuit l'ancien président, qui était en fonction au début du conflit syrien en 2011.

Faire pression. Selon François Hollande, les Occidentaux peuvent faire pression sur "les sanctions, les règles commerciales, la question du pétrole et du gaz". "Je ne veux pas compliquer un jeu qui l'est déjà beaucoup. Mais je pense que les puissances démocratiques - j'insiste sur ce mot, démocratique - doivent prendre conscience de leur responsabilité, de ce que peuvent être leur influence et leur rôle", insiste-t-il.

Laisser-faire des Occidentaux. L'ancien chef de l'Etat dénonce aussi l'opération de la Turquie, pays membre de l'Otan, contre les Kurdes syriens, qui ont été alliés des Etats-Unis et des Européens dans le combat contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, et critique un certain laisser-faire des Occidentaux face à Ankara. "Si j'ai soutenu les Kurdes dans le cadre de la coalition, ce n'est pas pour les laisser dans la situation où ils sont", assène-t-il. "Si j'ai été aussi dur sur le régime de Bachar Al-Assad, et je l'ai été avec constance, ce n'est pas pour le laisser liquider son opposition et massacrer son peuple", ajoute-t-il.



Zones d'exclusion aérienne. A la différence de son prédécesseur, Emmanuel Macron ne fait plus du départ de Bachar al-Assad un préalable à la recherche d'une solution politique en Syrie. Dans la Ghouta orientale, où le régime de Damas, allié de Moscou, poursuit une offensive depuis le 18 février, comme à Afrine, François Hollande plaide pour l'instauration de zones d'exclusion aérienne afin de faire cesser des bombardements sur hôpitaux et civils, en notant que les "lignes rouges ne peuvent concerner les seules armes chimiques".