Pédophilie : le Vatican prive un prêtre chilien de son sacerdoce

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Pédophilie : le Vatican prive un prêtre chilien de son sacerdoce
Le Vatican a sanctionné un prêtre soupçonné d'avoir couvert abus sexuels commis par des prêtres au Chili@ GABRIEL BOUYS / AFP
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Le Vatican a annoncé samedi avoir privé le révérend chilien Cristian Precht de son sacerdoce. Le prêtre est soupçonné d'avoir dissimulé des faits de pédophilie et d'avoir lui-même eu des "conduites abusives à l'égard de majeurs et de mineurs".

Le Vatican a privé de son sacerdoce le prêtre chilien Cristian Precht, soupçonné d'avoir dissimulé des faits de pédophilie, et déjà sanctionné en 2012 pour conduite abusive envers des mineurs, a annoncé samedi l'archevêché de Santiago.

Un révérend rivé de "l'état clérical". Le pape François a pris un décret pour priver "de l'état clérical" (...) et démettre "de toutes les obligations liées à l'ordination sacrée" le révérend Cristian Precht Bañados", a indiqué l'archevêché dans une note. Cristian Precht est considéré au Chili comme une figure emblématique de la défense des droits de l'Homme pendant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) qui a fait plus de 3.200 morts.

Déjà sanctionné. En 2012, l'Église catholique chilienne l'avait privé de son sacerdoce pendant cinq ans, après que la congrégation vaticane de la Doctrine de la foi eut vérifié et ratifié une enquête faisant état "d'informations vraisemblables de conduites abusives à l'égard de majeurs et de mineurs". Récemment, le prêtre avait été accusé par des victimes d'avoir dissimulé des faits d'abus sexuels commis par des religieux au cours des dernières décennies, dans des collèges de la congrégation mariste. 

Une Église chilienne malmenée. L'Église catholique chilienne est en pleine tourmente depuis la visite du pape en début d'année et la multiplication des enquêtes par la justice - au nombre de 119 - pour agressions sexuelles présumées commises par des membres de l'Église sur des mineurs et des adultes depuis les années 1960.

Au cours d'un voyage au Chili en janvier, le pape François avait d'abord défendu avec force l'évêque chilien Juan Barros, soupçonné d'avoir tu les crimes d'un vieux prêtre pédophile. Il avait ensuite changé d'avis et accepté la démission de plusieurs évêques dans le cadre de ce scandale.