Népal : à Katmandou, la colère monte

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Népal : à Katmandou, la colère monte
@ PHILIPPE LOPEZ / AFP
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La police anti-émeute est intervenue mercredi à la gare routière de la capitale dévastée, face à des survivants furieux et épuisés.

Quatre jours après le séisme qui a fait au moins 5.000 morts, la tension monte au Népal. Épuisés par les répliques, l’absence de logement et la baisse des réserves alimentaires, des survivants népalais ont laissé éclater leur colère pour dénoncer la réaction trop lente des autorités. A tel point que la police anti-émeute est intervenue mercredi à la gare routière de la capitale.

Des bus devaient être affrétés. Le gouvernement avait promis d’affréter des bus spéciaux et gratuits pour que les habitants puissent quitter Katmandou, transformée en champ de ruines. Des milliers de personnes s’étaient donc rassemblées avant l’aube pour tenter de monter à bord d’un bus. Mais devant l’absence des bus promis, la colère est montée, et les protestataires ont notamment arrêté un camion et jeté dans la foule les bouteilles d’eau qu’il transportait. 

Des échauffourées ont alors éclaté avec la police anti-émeute, envoyée pour contenir la situation, non loin du parlement népalais. Lundi, c’est devant leur assemblée que des Népalais avaient manifesté, accusant leur gouvernement d’incompétence, de négligence et de corruption, selon le New York Times. La lenteur des autorités à réagir est particulièrement pointée du doigt, ainsi que leur difficulté à fournir de l’eau potable. Le ministre des Communications a d’ailleurs reconnu qu’il y avait eu "des faiblesses" dans la gestion des opérations de secours.

Des tensions avec les étrangers. La colère des Népalais ne vise pas uniquement le gouvernement : elle est parfois dirigée contre les touristes. Des membres d’une équipe de secours israélienne ont ainsi rapporté que plusieurs centaines de touristes, dont une centaine d’Israéliens, s’étaient retrouvés bloqués à Langtang, une zone réputée pour ses treks, au nord de Katmandou. Des violences auraient éclaté car des habitants auraient protesté contre le fait que les touristes "prenaient trop de nourriture". 

Autre zone de tension : l’Everest, où des alpinistes ont été secourus par hélicoptère après l’avalanche meurtrière déclenchée par le séisme. Et ce alors qu’ailleurs dans le pays, "la catastrophe est bien plus importante", note un alpiniste italien interrogé par Le Monde. Mais, dénonce un autre alpiniste, en secourant les étrangers partis à l’assaut de l’Everest, "les compagnies d’hélicoptères savent qu’elles seront payées", ce qui n’est pas le cas si elles portent secours aux Népalais.

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