Mistral : un accord trouvé, mais à quel prix ?

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Emmanuel Duteil, Aude Leroy avec , modifié à
La France a remboursé 784 millions d'euros à la Russie, après l'accord passé mercredi entre les deux pays sur la non-livraison des navires Mistral.

Le bras de fer entre la France et la Russie touche à sa fin. Paris ne va donc pas livrer les deux navires militaires Mistral à Moscou. Le président François Hollande et son homologue russe Vladimir Poutine ayant annoncé mercredi soir un accord sur la non-livraison des bâtiments de guerre. Si la crise ukrainienne a eu raison, sans grande surprise, de la transaction, il fallait régler les détails financiers d'une telle décision. Pour garder ces deux bateaux, la France a d'ores et déjà remboursé 784 millions d'euros à la Russie, selon les informations d'Europe 1.

Aucune indemnité de rupture. Moscou avait déjà payé pour la fabrication des Mistral. Paris a donc uniquement remboursé les sommes versées par son partenaire, précise l’Élysée. Sous-entendu : aucune indemnité de rupture de contrat, qui aurait pu faire exploser la note, ne sera réglée par la France. Le contentieux entre les deux pays est "clos", selon l’Élysée, alors que le Kremlin estime "l'affaire des Mistral comme complètement réglée".

La France avait signé avec la Russie un contrat d'un montant de 1,2 milliard d'euros en juin 2011 pour la livraison de deux navires de guerre, la formation de 400 marins, la construction d'infrastructures spéciales à Vladivostok, en Russie, ainsi que la fabrication de quatre hélicoptères de combat. Moscou avait déjà payé près de 800 millions d'euros d'avances, ce qui correspond donc à la somme remboursée par Paris.

5 millions d'euros par mois pour l'entretien. Le dossier des Mistral est pourtant loin d'être terminé. La France peut désormais garder ces deux bateaux, et les revendre à qui elle le souhaite. L’Élysée se veut confiant, mais avant de trouver un nouveau propriétaire aux Mistral il faudra les entretenir. Problème : deux bateaux à quai coûtent cher. Entre les raccords de peinture pour éviter la rouille, la vérification des moteurs ou encore le paiement des places dans le port de Saint-Nazaire, la facture s'élève à un peu moins de 5 millions d'euros par mois, selon les informations de la spécialiste Défense d'Europe 1.

La France a donc tout intérêt à vendre rapidement les Mistral. Mais un autre défi attend Paris. Les deux bateaux ont été préparés pour les Russes, notamment pour l'électronique de bord. Il faudra donc refaire tout ça, ce qui pourrait faire s'envoler encore un peu plus la note finale. Le président François Hollande a n"anmoins estimé jeudi que la France n'aurait "aucune difficulté" à trouver des acheteurs pour ses deux navires de guerre.