Migrants : en Hongrie, les temps sont durs pour les passeurs

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Migrants : en Hongrie, les temps sont durs pour les passeurs
Un migrant dans un train pour Vienne, en gare de Budapest. @ AFP
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Depuis l'ouverture des frontières de l'Autriche et de la Turquie, les réseaux ont perdu de leur emprise sur les réfugiés.

La Hongrie est un des principaux points de passage des migrants vers les eldorados autrichiens et allemands. Une manne pour les passeurs jusqu'à l'ouverture des frontières des deux pays le week-end dernier. Leur business en ressort fortement affaibli, comme a pu le constater l'envoyée spéciale d'Europe 1 à Budapest.

 Des  passeurs montent la garde devant l'hôtel. C'est dans un hôtel isolé, à la périphérie de Budapest, que des Syriens aux prises avec une filière de passeurs échouent, dans l'attente du précieux et onéreux transit. L'ambiance sur place est tendue : des trafiquants hongrois gardent l'entrée de l'établissement. Dimanche, ils ont même frappé un réfugié qui avait informé ses amis de l'ouverture des frontières.

C'est là que Sam, membre d'une ONG qui vient en aide aux migrants, va à la rencontre du groupe d'Ahmad, venu d'Alep. "Je viens vous dire que la frontière est ouverte", chuchote l'humanitaire. "Je ne voudrais pas prendre un coup par vos passeurs qui vous volent 500 euros… mais vous devriez aller prendre un train tout de suite", poursuit-il.

"C'est une mafia ici". Une fois que les réfugiés sont avisés qu'ils peuvent rejoindre l'Autriche et Vienne pour 30 euros au lieu de 500, c'est au petit matin que les Syriens se rendent à la gare, enfin sortis des griffes de leurs passeurs. "Ils disaient : 'restez là, ne bougez pas ou la police vous mettra en prison", raconte Ahmad. "Alors nous attendions notre tour pour voyager avec eux. Mais quand ils ont su que vous nous aviez parlé du train, ils étaient très en colère. Ils voulaient vous frapper. C'est une mafia ici, même à Budapest", regrette le Syrien. 

Après Vienne, Ahmad et ses compagnons de galère se trouvaient à Munich, en Allemagne. Une ville où le petit groupe pouvait marcher dans la rue avec une certaine émotion, celle de la liberté.