Les bourdes de Romney à Londres

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Les bourdes de Romney à Londres
La visite de Mitt Romney à Londres a été émaillé de plusieurs faux pas de la part du candidat républicain à l'élection présidentielle américaine.@ Reuters
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Le candidat républicain multiplie les couacs pour la première étape de sa tournée internationale.

Soucieux de se forger une stature internationale à l’approche de l'élection présidentielle américaine, Mitt Romney connaît des débuts laborieux en Grande-Bretagne. Lors de sa première journée passée à Londres jeudi, le candidat du Parti républicain a heurté les susceptibilités britanniques et s'est attiré des sarcasmes.

Il exprime ses doute sur l’organisation des JO

Pourtant soigneusement préparé par son staff, le déplacement de Mitt Romney est loin d’avoir atteint ses objectifs. En cause notamment, ses propos tenus mercredi dans une interview accordée à une chaîne de télévision américaine où il exprimait ses doutes sur le degré de préparation des Jeux de Londres, dont il assistera ce vendredi à la cérémonie d'ouverture.

"C'est dur de savoir comment ça va se passer. Il y a quelques éléments qui sont assez déconcertants", a estimé Mitt Romney au micro de NBC, évoquant notamment des menaces de grève des personnels des douanes et de l'immigration.

Des réactions ironiques de Cameron et Johnson

Les médias britanniques se sont aussitôt jetés sur ces déclarations, et David Cameron, le Premier ministre qui l'a brièvement reçu jeudi au 10, Downing Street, y est allé d'un commentaire peu amène.  "Nous organisons des Jeux olympiques dans une des villes les plus bondées, les plus actives et les plus animées au monde. Bien sûr c'est plus facile d'organiser des Jeux au milieu de nulle part", a-t-il lancé dans une allusion transparente aux Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City, en 1992, que Mitt Romney est réputé avoir sauvé de la faillite.

Le maire de Londres, Boris Johnson, a mis pour sa part les rieurs de son côté en ironisant sur le candidat américain. "J'ai entendu dire qu'un certain Mitt Romney souhaitait savoir si nous sommes prêts", a-t-il dit lors d’un discours à Hyde Park. "Il veut savoir si nous sommes prêts. Sommes-nous prêts ? Oui, nous le sommes", a-t-il enchaîné à la plus grande satisfaction du public.

Un candidat placé sur la défensive

Mitt Romney s’est donc employé à calmer le jeu, à l'issue de sa rencontre avec le chef du gouvernement britannique.  "Nous avons parlé des grand progrès qui ont été réalisés dans l'organisation des Jeux", a indiqué le candidat républicain. "Mon expérience d'ancien organisateur olympique, c'est qu'il y a toujours des petites choses qui ne vont pas au début et puis lorsque les Jeux commencent, les athlètes reprennent le dessus", a-t-il fait valoir.

La veille, Mitt Romney avait déjà dû désamorcer une première controverse lancée par les propos prêtés à un de ses conseillers par le Daily Telegraph dans son édition de mercredi. Ce proche anonyme de Mitt Romney aurait expliqué que Barack Obama avait malmené les relations historiques entre Londres et Washington et que son adversaire républicain comprenait mieux "l'héritage anglo-saxon" que partagent les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Contraint de démentir un conseiller

Voyant un angle d'attaque auprès des électorats non anglo-saxons des Etats-Unis, l'équipe de campagne de Barack Obama n'a pas tardé à réagir. Le vice-président Joe Biden a accusé le candidat républicain de "transformer la diplomatie internationale en politique politicienne", dénonçant une "piètre tentative électoraliste" et une "assertion indigne d'une campagne présidentielle".

Mitt Romney a dû démentir son conseiller anonyme. Il a souligné que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne étaient liés par une relation spéciale et a reconnu que Barack Obama le comprenait également.

Après ces faux pas laissant une impression brouillonne, le candidat républicain sait qu’il n’a déjà plus le droit à l’erreur. Les prochaines étapes de sa tournée internationale, en Israël et en Pologne, seront surveillées de près.