Le Royaume-Uni, premier pays à autoriser des bébés conçus à partir de 3 ADN

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Le Royaume-Uni, premier pays à autoriser des bébés conçus à partir de 3 ADN
Cette technique doit permettre d'éviter les maladies héréditaires chez les bébés.@ PIOTR HAWALEJ / AFP
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Cette évolution éthique concerne environ 125 bébés qui naissent chaque année avec des maladies dégénératives héréditaires.

Le Royaume-Uni est devenu jeudi le premier pays à autoriser la conception de bébés à partir de l'ADN de trois parents dans un but thérapeutique, après le feu vert du comité d'éthique britannique. La technique expérimentale consiste à combiner les ADN de deux femmes et d'un homme pour éviter la transmission d'une maladie héréditaire maternelle.

Feu vert prudent. "C'est une décision historique et je suis sûre que les patients prêts à bénéficier de cette technique seront ravis", a déclaré la présidente de l'Autorité de régulation de l'assistance médicale à la procréation et à la recherche en embryologie (HFEA) Sally Cheshire. "C'est un feu vert prudent, pas enthousiaste ", a-t-elle toutefois ajouté alors que ce traitement continue à susciter de vifs débats.

Technique controversée. Ses défenseurs estiment qu'elle permettra de donner naissance à des enfants en meilleure santé. Pour ses opposants elle va trop loin en matière de modification génétique et ouvre la boîte de Pandore de la sélection des bébés. Les députés britanniques avaient approuvé le procédé dès février 2015. Fin novembre, un comité indépendant d'experts britanniques avait recommandé une "adoption prudente", dans son quatrième et dernier rapport. Manquait l'approbation du comité d'éthique. Le professeur Mary Herbert, de l'université de Newcastle, qui a développé la technique expérimentale qui sera utilisée, a salué la décision, avant d'ajouter : "Maintenant, nous avons besoin de donneurs d'ovules".

Eviter les maladies héréditaires. Environ 125 bébés naissent chaque année en Grande-Bretagne avec un dysfonctionnement mitochondrial, transmis par la mère. Les mitochondries sont des petits organites (structures spécialisées) présents dans les cellules qui transforment le glucose en molécule énergétique. Défectueuses, elles provoquent un déficit énergétique pour l'organisme et sont responsables de maladies dégénératives graves telles que le diabète ou la myopathie. 

La technique de l'université de Newcastle permet de bloquer la transmission de la maladie de la mère à l'enfant. Elle consiste à retirer de l'ovule de la mère la mitochondrie défectueuse pour la remplacer par une mitochondrie saine provenant d'une autre femme. Après avoir été fécondé par le sperme du père en laboratoire, l'ovule est ensuite implanté dans l'utérus de la mère.

Changement permanent. Le futur enfant sera porteur de toutes les caractéristiques génétiques de son père et de sa mère puisque l'ADN mitochondrial représente moins d'1% de la quantité totale d'ADN contenue dans une cellule humaine. Mais le changement sera permanent et se transmettra de génération en génération, un élément au cœur des crispations que suscite cet acte, dont on ne maîtrise pas encore toutes les conséquences.