Le Pakistan adopte une loi contre les "crimes d'honneur"

  • A
  • A
Le Pakistan adopte une loi contre les "crimes d'honneur"
Lapidée par sa propre famille pour s'être mariée par amour ou encore tuée par son frère pour sauver l'honneur de la famille. Le Pakistan va enfin condamner ces "crimes d'honneur". Image d'illustration. @ BANARAS KHAN / AFP
Partagez sur :

Lapidée par sa propre famille pour s'être mariée par amour ou encore tuée par son frère pour sauver l'honneur de la famille. Le Pakistan va enfin condamner ces "crimes d'honneur". 

Le Parlement pakistanais a adopté jeudi une loi pour combler une lacune du droit et permettre de poursuivre les auteurs de "crimes d'honneur", en prévoyant la prison à vie pour ces criminels même dans le cas où la famille de la victime offre son pardon. Les crimes d'honneur "ôtent la vie à des centaines de personnes chaque année", dit le texte de loi, précisant que la mesure était "nécessaire pour empêcher ces crimes d'être commis de manière répétée".

Une loi réclamée depuis plusieurs années. Les ONG et de nombreux politiques réclament depuis de nombreuses années des lois plus dures contre les auteurs de violences à l'encontre des femmes. Au Pakistan, pays très patriarcal, des centaines de femmes sont tuées chaque année par des proches sous prétexte qu'elles auraient bafoué l'honneur familial, et une série de meurtres de ce type a choqué le pays ces derniers mois. Parmi les plus emblématiques figurait celui de la starlette des réseaux sociaux Qandeel Baloch, assassinée le 15 juillet par son frère pour ce motif.

Le controversé droit islamique. Une disposition controversée du droit islamique en vigueur dans ce pays prévoit que les hommes tuant des femmes de leur famille peuvent échapper à toute condamnation si les proches leur "pardonnent" en échange du versement d'une somme compensatoire. Les amendements adoptés jeudi, rendus publics sur le site internet du Parlement, obligent les juges à condamner à la prison à vie les personnes ayant tué pour "l'honneur", même si celles-ci ont été "pardonnées", a indiqué le député d'opposition Farhatullah Babar. Le Parlement a également adopté une loi durcissant les peines dans certains cas de viol.