Kenya : de nouvelles attaques font 29 morts

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Kenya : de nouvelles attaques font 29 morts
@ REUTERS/Joseph Okanga
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KENYA - Les attaques meurtrières se multiplient dans la première puissance économique d'Afrique de l'Est. Les Shebab ont revendiqué ces raids. 

L'info. Au moins 29 personnes ont été tuées au Kenya dans deux attaques distinctes commises par des hommes armés près de la côte, a annoncé dimanche le ministère kényan de l'Intérieur. Les islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, ont revendiqué ces deux raids dans cette région proche de l'archipel touristique de Lamu (sud-est), mais la police a accusé un groupe séparatiste, le Conseil républicain de Mombasa (MRC), qui réclame l'indépendance de la côte.

Des motivations "politiques et religieuses". Selon la police, des hommes armés ont aussi mis le feu à plusieurs maisons et attaqué le poste de police de Gamba, libérant un suspect détenu depuis les attaques de juin. Un policier fait partie des victimes. "Les premiers éléments de l'enquête montrent que l'attaque a été commise par des membres du MRC" , a affirmé à Nairobi la chef adjointe de la police nationale, évoquant des motivations "politiques et religieuses".

Des habitants d'Hindi, après l'attaque meurtrière.

© REUTERS/Athman Sheikhuna

"Vous envahissez un territoire musulman". Toutes les personnes mortes à Hindi sont des hommes, excepté un adolescent, qui aurait été tué alors qu'il tentait de fuir. Les assaillants ont laissé un message en anglais et en swahili sur un tableau noir, disant: "Vous envahissez un territoire musulman et vous voulez rester en paix". "Ils ont dit qu'ils attaquaient parce que les terres des musulmans étaient confisquées", a raconté à l'AFP une habitante. Elle a dit que les assaillants ont incendié sa maison mais lui ont laissé la vie sauve, en lui expliquant ne pas tuer les femmes. Selon elle, à Hindi le commando comptait une dizaine d'hommes, parlant anglais, swahili et somali, des langues parmi les plus parlées du pays, première puissance économique d'Afrique de l'Est.

Représailles après l'intervention de l'armée. Les shebab ont revendiqué les attaques. "Les assaillants sont rentrés sains et saufs à leur base", a déclaré leur porte-parole militaire Abdulaziz Abu Musab, faisant état d'un bilan de dix personnes tuées. Les islamistes avaient également revendiqué la plus sanglante des attaques de la mi-juin, qui avait fait dans la localité de Mpeketoni au moins 48 morts. Pour le groupe armé, il s'agit de représailles à l'intervention de l'armée kényane en Somalie dans le cadre de la force de l'Union africaine.

Les chrétiens visés. L'attaque de Mpeketoni était la plus sanglante et la plus spectaculaire depuis l'assaut mené par des combattants shebab contre le centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013 (au moins 67 morts) . Des survivants de Mpeketoni avaient rapporté comment des hommes armés parlant somali et portant des drapeaux shebab avaient exécuté exclusivement des hommes de confession chrétienne. Mais le président kényan Uhuru Kenyatta avait dénoncé des "violences ethniques aux motivations politiques" et accusé des "réseaux politiques locaux".

Le tourisme plombé. Dans une région côtière très majoritairement musulmane, la zone de Mpeketoni est peuplée principalement de chrétiens : des membres de l'ethnie kikuyu - la plus nombreuse du pays, et celle du président Kenyatta - y sont en effet installés depuis des décennies. Après ces violences, la police avait arrêté des membres présumés du MRC ainsi que le gouverneur du département de Lamu, un membre de l'opposition. Les troubles dans la région ont plombé le tourisme - déjà mal en point - à Lamu, joyau naturel et historique baigné par l'océan Indien et classé au patrimoine mondial de l'Unesco, et sur le littoral en général.

Un pays sous tension. La mort d'une touriste russe dimanche à Mombasa risque d'être le coup de grâce pour ce secteur économique de poids. Elle s'est fait tirer dessus alors qu'elle visitait un fort portugais du XVIe siècle classé au patrimoine mondial. Pour la police, elle a été victime de "voyous" qui voulaient lui voler son appareil photo. Après le drame de Mpeketoni, les shebab avaient appelé les touristes à éviter le Kenya, décrété "zone de guerre", sous peine d'"amères conséquences". Le pays est connu aussi pour ses chiffres très élevés en matière de criminalité. Ces derniers événements ajoutent à la tension qui règne dans le pays. Une grande manifestation annoncée par l'opposition excite aussi les passions: elle est prévue lundi en plein cœur de Nairobi.

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