Grande-Bretagne : la sortie de l'UE toujours plus proche

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Grande-Bretagne : la sortie de l'UE toujours plus proche
David Cameron, lors d'une conférence de presse de l'Union européenne@ Reuters
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IN OR OUT - La défaite de Cameron face aux Vingt-Sept risque de pousser la Grande-Bretagne à sortir de l'Union européenne.

LE CONTRE-COUP. La bataille perdue de David Cameron contre Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne accroît les risques de sortie de l'Union européenne pour la Grande-Bretagne. Le seul rempart serait que le Premier ministre britannique ne remporte pas de succès dans sa quête d'une Union réformée, soulignent les experts.

Le dirigeant conservateur, qui s'est engagé s'il était réélu en 2015 à organiser un référendum sur l'appartenance à l'UE en 2017, a reconnu lui-même que la tâche de maintenir son pays dans l'UE était désormais plus compliquée.

Humiliation et isolement pour Cameron. Ses opposants politiques se sont empressés de souligner l'"humiliation" subie et son "isolement". Mais au Royaume-Uni, pays dont le traditionnel euroscepticisme atteint des sommets, les principaux partis étaient unanimes dans leur opposition à Juncker, trop fédéraliste à leur goût. Et quelque 43% des électeurs estimaient que David Cameron avait raison d'essayer de bloquer sa nomination, selon un sondage Financial Times/Populus publié cette semaine.

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© Reuters


"L'épisode Juncker est clairement une défaite importante pour David Cameron, et sans un remède à cela, il augmente le risque d'un Brexit (contraction de 'British exit', sortie de l'UE, ndlr.)", estime Mats Persson, directeur de l'institut londonien Open Europe. Les journaux britanniques soulignaient tous samedi ce risque, à l'instar du Times qui avertit en une que "La Grande-Bretagne s'approche de la sortie de l'UE".

Des réformes encore possibles. "Cependant, c'est loin d'être la fin de l'histoire pour obtenir des réformes européennes d'envergure", tempère Mats Persson. Selon cet expert, la perception d'un risque accru d'un départ britannique de l'UE pourrait amener les dirigeants européens à se ranger derrière Cameron.

La capacité de David Cameron à obtenir des changements dépendra aussi paradoxalement de ses relations avec Juncker, qu'il n'a cessé de critiquer ouvertement. "La position de Juncker sera cruciale sur les liens Royaume-Uni/UE, les modalités d'une renégociation des termes de l'appartenance et une éventuelle campagne référendaire", estime Richard Whitman, de l'institut de recherches Chatham House.

Pas de majorité pour la sortie. Un sondage You Gov publié le 20 juin donnait les partisans d'une sortie de l'UE et ceux d'un maintien à égalité (39%), avec 15% d'indécis.

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