Frappe de Trump en Syrie : Hollande aurait pu examiner "une opération conjointe" avec les États-Unis

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Frappe de Trump en Syrie : Hollande aurait pu examiner "une opération conjointe" avec les États-Unis
François Hollande estime qu'en voulant intervenir en Syrie dès 2013, la France "a sauvé l'honneur".@ CHARLES PLATIAU / POOL / AFP
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François Hollande est revenu dans une interview au Monde sur la politique qu'il a menée en Syrie, et notamment sur sa volonté d'intervention en 2013.

Dans Le Monde, François Hollande revient sur la frappe en Syrie décidée par Donald Trump suite à l'attaque à l'arme chimique du 4 avril dernier.

"Nous aurions examiné l’hypothèse d’une opération conjointe". "Il a créé un événement qui doit être utilisé politiquement par la France, par l’Europe, pour ramener le plus possible les différentes parties du conflit à la négociation", estime François Hollande.

"Le temps dira si [cette frappe était] une opération improvisée ou si elle s’inscrit dans un cadre stratégique", poursuit-il, à propos des velléités de Donald Trump, rappelant que la France "approuvait cette frappe", et que si les États-Unis l'avaient demandé, "nous aurions examiné l’hypothèse d’une opération conjointe."

L'attaque chimique d'Assad avait "des raisons tactiques". Pour le locataire de l'Élysée, l'attaque au gaz qui a légitimé cette frappe américaine découlait d'une véritable stratégie de Bachar Al-Assad. "Je ne pense pas que ce soit une provocation. Ce régime a un sentiment d’impunité. Il a pensé que l’ayant déjà fait, et répété, cela soulèverait des haut-le-cœur mais ne provoquerait rien de plus."

"La frappe avait des raisons tactiques, elle visait à créer un rapport de force sur le terrain, à causer des pertes, dont des enfants, car on ne peut pas distinguer entre les combattants et les populations civiles. Les Américains, non plus, n’ont pas de doute", continue-t-il.

Hollande estime que la France a "sauvé l'honneur" en 2013. Dans les colonnes du quotidien du soir, François Hollande revient également sur la volonté d'intervention qui avait été la sienne en 2013, au lendemain d'un premier usage d'armes chimiques par le régime syrien. Il n'avait pas été suivi par Barack Obama et avait dû se résoudre à la non-intervention. "Je comprends les motivations qui étaient celles de Barack Obama. Il n’avait pas été élu pour lancer une nouvelle intervention, mais pour se désengager du Moyen-Orient."

Le rétropédalage américain avait été suivi d'un refus du parlement britannique. "Nous, on a sauvé l’honneur", estime François Hollande.

"L'objectif de nos frappes était plus large". "L’objectif de nos frappes, si elles avaient eu lieu, était plus large que celle que vient de réaliser Donald Trump", confie-t-il. "Il s’agissait de détruire des installations chimiques et des centres administratifs d’où l’on savait que les ordres étaient donnés."