Fort McMurray : "l'origine de l'incendie est probablement humaine"

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Pour le colonel Eric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, il faudra "des semaines voire des mois" avant une extinction totale de l'incendie.

Cela fait désormais plus d'une semaine que la région de Fort McMurray au Canada est victime d'un feu de forêt d'une ampleur inédite. Invité de la matinale d'Europe 1 lundi matin, le colonel Eric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, est revenue sur l'origine de l'incendie et les moyens déployés pour le stopper. Pour ce soldat du feu, "l'origine est probablement humaine. C'est le cas de neuf feux de forêt sur dix", explique-t-il. 

"Neuf incendies sur dix sont d'origine humaine". Un tel incendie peut en effet partir "d'un mégot, d'un brûlage forestier non contrôlé ou encore d'un barbecue", a détaillé le colonel Eric Faure. Pour autant, les Canadiens ne sont pas encore en mesure de définir avec précision les raisons du départ de feu. Le but est d'abord d'évacuer la population. "Le Canada, comme les Etats-Unis et l'Australie, est habitué à des feux de forêt gigantesque. Habituellement, nous en parlons simplement moins car les villes ne sont pas touchées", avance le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.

Protéger les lieux sensibles. "Actuellement, l'incendie n'est pas attaqué. Ce sont les points sensibles comme le centre-ville de Fort McMurray, l'hôpital, l'aéroport, et les sites pétroliers, qui sont protégés", explique-t-il. "Les pompiers dégagent les zones entourant ces lieux", pour éviter que le feu ne puisse les atteindre, quelques centaines de mètres voire quelques kilomètres autour, pour ne pas que l'incendie les approche.

Concernant les moyens mis en oeuvre pour éteindre l'incendie, "il y au Canada, 100.000 pompiers, soit 2,5 fois moins qu'en France pour un territoire très nettement supérieur", précise le colonel Eric Faure. "Il y a plus de 100 hélicoptères et des avions bombardiers, mais seulement 1.400 pompiers sont mobilisés au sol. C'est bien moins que ce que l'on connait en France, mais c'est lié au gigantisme du territoire", poursuit-il. "La ville la plus proche de Fort McMurray est à 300 kilomètres", les enjeux sont donc moins importants dans ces zones.

Désormais, les pompiers doivent attendre "une baisse de température et l'humidité", pour que l'incendie puisse s'éteindre. Une extinction totale qui pourrait ne pas intervenir avant "des semaines voire des mois", selon Eric Faure.