Donald Trump : le top 5 de ses nominations atypiques

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Donald Trump : le top 5 de ses nominations atypiques
Donald Trump et son équipe prendront leurs fonctions le 20 janvier prochain.@ SARA D. DAVIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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L’administration de Donald Trump se précise, alors que le milliardaire américain prendra ses fonctions le 20 janvier prochain. Certains profils sont pour le moins surprenants.

La surprise. Et si c’était ce que Donald Trump maîtrisait le mieux ? Pendant sa campagne, le milliardaire new yorkais l’a créée plus d’une fois par ses propos, puis – summum de la stupéfaction – en étant élu président des États-Unis. Un mois plus tard, ce sont ses nominations qui détonnent.

Un peu comme dans un jeu télévisé, plus de 70 candidats ont défilé ces dernières semaines à la Trump Tower ou dans son club de golf, dans le New Jersey, pour obtenir les faveurs de la "Personnalité de l’année" 2016. "Je suis le seul à connaître les finalistes" s’est-il vanté dans un tweet, le 15 novembre dernier. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour traverser des flots qui promettent d’être agités, le capitaine Trump a décidé de s’entourer d’un équipage peu orthodoxe. 

1. Scott Pruitt, un climato-sceptique… à la protection de l’environnement

Pruitt

On le sait, Donald Trump n’est pas un grand écolo dans l’âme. Pendant sa campagne, le futur président est même allé jusqu’à dire que le réchauffement climatique était un "canular" inventé par la Chine pour affaiblir l'économie américaine. Pas étonnant, donc, qu’il choisisse Scott Pruitt à la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Une nomination paradoxale cependant, pour ce républicain de 48 ans, qui a passé l’essentiel de sa carrière à se battre contre l'agence à la tête de laquelle il a été nommé.

En un mot, Scott Pruitt est un fervent défenseur du secteur des énergies fossiles, autrement dit un grand ami des pétroliers, désireux de casser les réglementations sur les émissions polluantes, au risque d'anéantir des années d'efforts contre le réchauffement climatique.

Les écologistes ont déjà du mal à avaler la pilule Pruitt. Et pourraient bien s’étrangler à nouveau si  jamais Rex Tillerson, PDG du géant pétrolier ExxonMobil, était nommé pour devenir chef de la diplomatie américaine. Il fait en tout cas partie des prétendants. 

2. Linda McMahon, une figure du catch pour gérer les PME

McMahon

La vidéo avait fait le tour du web. Donald Trump, en 2007, costume sombre et cravate rose, rasant le crâne d’un catcheur en plein milieu du ring. Le nom du tondu : Vince McMahon, marié depuis 50 ans à la très chère Linda. C’est elle qui a été nommée au sein du futur cabinet présidentiel, pour gérer les PME.

 

À 68 ans, elle est en tout cas une redoutable femme d’affaires. Linda McMahon a notamment dirigé entre 1994 et 2010 la World Wrestling Entertainment (WWE), entreprise spécialisée dans l'organisation de matches… de catch, évidemment. "Elle a contribué à l'essor de la WWE, d'un modeste service de 13 personnes à une entreprise internationale avec plus de 800 employés, avec des bureaux à travers le monde", a défendu Donald Trump dans un communiqué. "Linda va être une leader phénoménale et une championne pour les petites entreprises, (elle) va désinhiber l'esprit entrepreneurial dans tout le pays", a-t-il ajouté. Un destin surprenant… qui
 rappelle étrangement celui d’un milliardaire, passé en quelques années d’un poste d’animateur de télé-réalité à président de la première puissance mondiale.

3. Steven Mnuchin, un "Goldman Boy" au Trésor

Mnuchin

Tiens donc. Donald Trump, le candidat anti-establishement, anti-monde de la finance, qui avait présenté dans un spot de campagne le patron de Goldman Sachs comme l’incarnation d’une élite mondiale qui aurait “volé nos classes laborieuses”, a pourtant choisi de nommer Steven Mnuchin secrétaire au Trésor. Le nouveau grand argentier américain est bien un ancien de Goldman Sachs, qui a fait fortune en rachetant la banque californienne IndyMac pendant la crise financière de 2008 avant de la revendre quelques années plus tard, dégageant une plus-value de près de 2 milliards de dollars.

Il a également créé un fonds d'investissement avec le soutien du financier démocrate George Soros et a participé à la production de blockbusters hollywoodiens à succès comme Avatar et Suicide Squad. Avec une fortune personnelle évaluée à 40 millions de dollars, il n’est pas le premier ancien de Wall Street à rejoindre le Trésor. Sauf que ce choix sonne en totale contradiction avec le discours du candidat Trump. Pour le site Vox, plutôt situé au centre-gauche, "Mnuchin a très clairement ce poste pour une seule et unique raison : parce qu’il a accepté en mai de jouer le rôle de directeur financier de la campagne de Trump et l’a aidé à lever une montagne de cash."

4. Steve Bannon, l’abrasif gourou

Bannon

Ultraconservateur, accusé de racisme et de sexisme, surnommé Goebbels (du nom de l'ancien chef de la propagande nazie), Stephen Bannon, dit Steve, est présenté par Bloomberg comme "l'homme le plus dangereux de la sphère politique américaine". À défaut d’être sympathique, son CV est plutôt atypique. Avant d’être désigné "haut conseiller et chef de la stratégie" à la Maison-Blanche, cet ancien officier dans la Navy passe par la banque Goldman Sachs – décidément - avant de faire fortune en rachetant les droits de la série américaine Seinfeld. Puis, quelques années plus tard, de devenir réalisateur en signant notamment un documentaire vantant Sarah Palin, ticket du candidat républicain John McCain en 2008. En août 2016, il est enfin nommé directeur général de l'équipe de campagne de Donald Trump.

Côté idéologie, pas de place pour le doute : Bannon est un farouche opposant à l'establishment traditionnel, anti-féministe, anti-avortement, anti-migrants… Son ex-femme, qui l'accuse de violences conjugales en 1996, affirme aussi l'avoir entendu prononcer des propos ouvertement antisémites. 

Également milliardaire, Bannon a par ailleurs été bien aidé par Breitbar News, un site d'informations proche des mouvements d'extrême droite, dirigé par Bannon lui-même. Confidentiel il y a encore quelques mois, le complotiste Breitbar a vu ses audiences exploser, notamment avec des articles comme "La contraception rend les femmes moches et folles" ou encore "Le politiquement correct protège la culture musulmane du viol ».

5. Michael Flynn, quand les militaires prennent leur revanche

Flynn

Barack Obama se méfiait d'eux, mais Donald Trump les adore : il devrait y avoir au moins trois anciens généraux dans la future administration du président américain élu, une situation peu ordinaire. Le premier nommé a été le controversé général Michael Flynn, ancien chef du renseignement militaire, au poste de conseiller à la sécurité nationale. Ce général à la retraité, âgé de 57 ans, a joué un rôle clef dans la campagne, en murmurant à l’oreille de Trump des conseils en matière d'affaires internationales.

Après deux ans à la tête de l'Agence de renseignement militaire (DIA), Flynn avait été mis à pied en 2014 en raison d’un comportement jugé incommode, d’un tempérament erratique et brutal envers ses collègues et subordonnés, mais aussi de sa propension à déformer les faits pour conforter ses convictions. Lui estime au contraire avoir été injustement écarté de la DIA en 2014 pour avoir déclaré ses vérités sur la guerre contre l'extrémisme islamiste, son principal cheval de bataille.

Comme Donald Trump, Michael Flynn a le tweet facile. "La peur des musulmans est RATIONNELLE" avait-il notamment dégainé en février sur le réseau social. À la convention républicaine de Philadelphie, il s’était également fait remarquer en faisant entonner par la foule le slogan "Enfermez-la" visant Hillary Clinton. Le plus ironique reste qu’il est à l’heure actuelle toujours enregistré comme électeur… démocrate.

© Crédits photos : AFP