"Daech lève l'impôt sur le blé, le coton"

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Le pétrole n'est plus la première source de financement de l'organisation terroriste. Les taxes et divers impôts se sont multipliés.

"Mieux repérer l'argent des terroristes" pour empêcher d'autres attentats. Voilà à quoi s'attaque désormais Michel Sapin qui a dévoilé lundi une série de mesures contre le financement du terrorisme, notamment celui de Daech. Invitée d'Europe 1 ce mardi, Martine Orange, journaliste à Mediapart, nous éclaire sur les moyens de financement de cette organisation.

Une manne pétrolière en baisse. Le pétrole a longtemps été la première source de financement de Daech. "Mais ça ne l'est plus", assure Martine Orange. Les raisons sont simples : "Le cours du pétrole a été divisé par deux en un an et les terroristes sont obligés de le vendre en-dessous des prix du marché, étant donné qu'il s'agit d'un pétrole de contrebande", souligne la spécialiste. "C'est une industrie très lourde et compte-tenu de toutes les attaques contre les infrastructures pétrolières, vous avez des puits qui sont mal entretenus, qui produisent moins et donc, qui rapportent moins."

Trafics et impôts. Les moyens de financement de Daech ont fortement évolué ces dernières années. Les rançons, les trafics d'œuvres d'art se sont multipliés. Sans oublier l'esclavage, notamment sexuel, qui est monétisé par l'organisation terroriste. Et à la différence d'Al-Qaïda, Daech a pris possession d'une partie de territoires (en Syrie et en Irak). "Ils lèvent des impôts sur le blé, le coton, le phosphate, le ciment… Il y a une taxe sur toutes les activités", informe Martine Orange. Mais la journaliste se refuse à confirmer la supposée fortune (estimée entre 2 et 2,5 milliards d'euros) de Daech. "Impossible à dire", rétorque-t-elle.

Soutiens ? Pendant des années, l'organisation terroriste a également été aidée par des États. "Il y a eu le Qatar et l'Arabie Saoudite, via des donateurs", indique Martine Orange. "Les familles princières sont très grandes dans ces pays. Ce n'est pas forcément le prince régnant qui soutient, mais ça peut être ses petits cousins", précise-t-elle. Ces versements n'auraient plus lieu d'être aujourd'hui. "Le monstre s'est retourné contre eux", conclut la journaliste.

>>> Retrouvez l'intégralité de l'interview


Martine Orange : "Le Qatar et l'Arabie Saoudite...par Europe1fr