Egypte : seule une "action extérieure" peut expliquer le crash de l'avion russe dans le Sinaï

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Egypte : seule une "action extérieure" peut expliquer le crash de l'avion russe dans le Sinaï
@ AFP
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Selon la compagnie Metrojet, l'Airbus A321 qui s'est écrasé samedi en Egypte était "en excellent état technique" et une "erreur de pilotage est exclue". 

L'ESSENTIEL

Un avion transportant les corps d'une partie des 224 personnes tuées dans le crash d'un charter russe en Egypte est arrivé lundi à Saint-Pétersbourg. Dans le même temps, l'enquête sur les causes de la catastrophe et les recherches de corps se poursuivent. Selon la compagnie aérienne Metrojet, "l'avion était en excellent état technique" et "la seule cause possible" expliquant ce crash "est une action extérieure".

L’ESSENTIEL

- 144 corps sont arrivés à Saint-Petersbourg

- L'avion s'est disloqué à haute altitude

- Une journée de deuil national a été observée dimanche en Russie

- Une enquête ouverte en Russe, la piste EI reste envisagée 

- La compagnie évoque "une action extérieure" comme seule cause possible

LES FAITS. L'Airbus A321-200 de la compagnie charter russe Metrojet s'est écrasé samedi à l'aube dans le Sinaï, après avoir décollé de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh pour Saint-Pétersbourg. La plupart des victimes sont des vacanciers originaires de cette ville et de ses environs.

Pour Metrojet, "la seule cause possible est une action extérieure". "Tout porte à croire que dès le début de la catastrophe, l'équipage a perdu le contrôle total" de l'avion, a déclaré lundi Alexandre Smirnov, responsable de la compagnie aérienne Metrojet. Ce dernier a précisé que les pilotes n'avaient pas "essayé d'entrer en contact radio" avec les contrôleurs aériens au sol. D'autre part, l'avion était "en excellent état technique", selon la compagnie. "Nous excluons une défaillance technique ou une erreur de pilotage", a ajouté Alexandre Smirnov avant de souligner que "la seule cause possible est une action extérieure".

La pire catastrophe aérienne pour la Russie. A l'aéroport de Saint-Pétersbourg, un mémorial improvisé comptant de nombreuses peluches a été installé en hommage aux disparus, parmi lesquels se trouvent 17 enfants. Plusieurs milliers de personnes avaient déjà rendu hommage dimanche soir dans la deuxième ville de Russie, aux 217 passagers et sept membres d'équipage décédés dans la catastrophe, tous des Russes hormis trois Ukrainiens. Il s'agit de la pire catastrophe aérienne qui ait frappé la Russie et une journée de deuil national a été observée dans le pays, dimanche.

Arrivée de 144 corps à Saint-Pétersbourg. Lundi, un avion transportant les restes de 144 personnes, tuées dans la catastrophe, selon le ministère russe des Situations d'urgence, s'est posé à Saint-Petersbourg. Un cortège de véhicules devait emmener les corps à un crématorium de Saint-Pétersbourg pour les identifier, d'après le ministère. Pour faciliter l'identification, des membres des familles des victimes ont fourni des échantillons d'ADN dans un centre de crise proche de l'aéroport. Un officier de l'armée a assuré dimanche soir que 168 corps avaient été trouvés sur les lieux de l'accident, certains "loin" du principal morceau de carlingue, notamment un à huit kilomètres. Les autorités égyptiennes ont dû élargir à 15 kilomètres le rayon des recherches.

L'avion se serait disloqué à haute altitude. Le chef des experts aéronautiques russes a déclaré que l'avion s'était disloqué "en l'air", pour une raison encore inconnue.  L'avion avait décollé samedi à l'aube de Charm el-Cheikh. Le contact avait été perdu après 23 minutes de vol, alors que l'appareil se trouvait à plus de 30.000 pieds (plus de 9.000 mètres), son altitude de croisière. "Les fragments se sont éparpillés sur une grande surface d'environ 20 kilomètres carrés", a indiqué  le directeur du Comité intergouvernemental de l'aviation (MAK). Cette dislocation a eu lieu "à haute altitude", a précisé à la télévision russe le directeur de l'agence russe du transport aérien.

Perquisition chez Metrojet et le tour opérateur. Des enquêteurs russes et égyptiens se sont rendus, en compagnie du ministre russe des Transports Maxime Sokolov, sur les lieux du crash où ont été retrouvées les deux enregistreurs de vol, les "boîtes noires". Une enquête a aussi été ouverte en Russie et les locaux de la compagnie et du tour-opérateur perquisitionnés, tandis que des enquêteurs de France et d'Allemagne étaient attendus en Egypte - une procédure habituelle pour tous les incidents impliquant un Airbus.

La piste Etat islamique. L'hypothèse d'un attentat reste envisagée par les experts après la revendication de la branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui a annoncé samedi avoir détruit l'avion en représailles, selon elle, aux bombardements russes en Syrie.

La plupart excluent que l'EI dispose des moyens militaires lourds nécessaires pour abattre un avion de ligne à 9.000 mètres d'altitude. Mais ils refusent d'exclure, avant que les "boîtes noires" aient parlé, qu'une bombe ait pu exploser à bord ou que l'avion ait pu être touché par un missile tiré depuis le sol alors qu'il était descendu plus bas que son altitude de croisière pour une raison technique ou autre. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, Lufthansa et Emirates, ont annoncé qu'elles ne survoleraient plus le Sinaï "jusqu'à nouvel ordre", "par mesure de sécurité" et dans l'attente des résultats de l'enquête.