Compaoré contesté au Burkina Faso

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Compaoré contesté au Burkina Faso
Le président Blaise Compaoré est au pouvoir depuis 1987@ Reuters
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Malgré les annonces du président, la colère gagne de nouvelles casernes au sud du pays.

La mutinerie se répand caserne après caserne. Quatre jours après le début de la contestation dans les rangs de l’armée à Ouagadougou, deux autres villes ont été marquées par des tirs de militaires. Après Pô samedi soir, une ville symbolique du Sud, Tenkodogo à l'est a été gagnée dimanche soir par le climat insurrectionnel. Les militaires réclament le versement d'indemnités de logement et leur prime journalière d'alimentation.

"Ils tiraient en l'air avec des kalachnikov et ont "retiré (des) véhicules et (des) motos des particuliers", a indiqué un habitant de cette ville située à 185 kilomètres de la capitale.

En revanche, le calme est revenu à Pô après des heures de tensions et de pillages. Le chef de l'Etat burkinabè, Blaise Compaoré, et les soldats mutins ont entamé des négociations.

Au moins, 45 personnes ont été blessées par balle depuis jeudi à Ouagadougou, dont deux à Pô.

A Ouagadougou, 45 personnes ont été blessées par balle :

















Pô, une ville située à la frontière ghanéenne, est un symbole pour le président Compaoré qui a dirigé son centre national d'entraînement et de commandement (CNEC). C'est de Pô que le capitaine Blaise Compaoré est parti avec ses commandos pour renverser le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo et installer au pouvoir son ami et compagnon d'armes, Thomas Sankara, en 1983. Tous les éléments de l'actuelle garde présidentielle burkinabè ont été formés à Pô.

De nouvelles nominations à la tête de l'armée

Pour contenir la révolte des militaires qui a repris jeudi à Ouagadougou, le chef de l'Etat burkinabè a nommé samedi soir de nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l'air et de la gendarmerie.

Il a promu des fidèles dont certains étaient ses compagnons au moment de sa prise du pouvoir en 1987. C'est le cas du nouveau chef d'état-major, le colonel-major Honoré Nabéré Traoré, et du nouveau chef de corps de la garde présidentielle, le colonel-major Bouraima Kéré.

Vendredi soir, le chef de l'Etat burkinabè a nommé le colonel-major Nabéré à la tête de l'armée et dissout le gouvernement du Premier ministre Tertius Zingo. Un couvre-feu de 19h00 à 06h00 a été instauré samedi par le ministère de la Sécurité.

Samedi, excédés par les pillages des soldats mutins, des commerçants de la capitale s'en sont pris à plusieurs édifices publics.

Le ministère français des Affaires étrangères déconseille désormais fortement aux Français tout voyage au Burkina Faso, a indiqué dimanche son site internet. Jusqu'à samedi, le ministère s'était limité à recommander "de différer les voyages non-essentiels" dans ce pays.