Blair, millionnaire impopulaire

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Blair, millionnaire impopulaire
@ REUTERS
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L'ex-Premier ministre britannique reste mal-aimé dans son pays. Malgré ses efforts.

Depuis son départ du 10, Downing Street, Tony Blair a amassé, selon la presse britannique, plus de 17 millions d’euros. Représentant du Quartet au Proche-Orient, conférencier très prisé, conseiller d’institutions financières… l’ancien Premier ministre a su faire fructifier son statut d’ancien chef du gouvernement. Mais si la courbe de son compte en banque a grimpé en flèche, celle de sa popularité n’a elle pas frémi et reste désespérément basse. En mai dernier, il émargeait, selon un sondage, à 27% d’opinions favorables.

L’ancien Premier ministre espérait peut-être inverser la tendance lundi, en annonçant que les recettes de ses mémoires, intitulées A journey (un voyage), seraient intégralement reversées à la Légion royale britannique, une institution qui aide les soldats ou anciens combattants blessés. Tony Blair a déjà reçu près de 6 millions d’euros d’avance de son éditeur, qu’il va donc reverser à l’institution. Cette somme, à laquelle il faudra ajoute les recettes postérieures, constitue d’ores et déjà la plus grosse donation qu’ait reçue la Légion royale.

"Responsable de la mort de mon fils"

Mais cela n’est pas suffisant. Beaucoup, outre-Manche, y voit une tentative de se faire pardonner l’entrée en guerre en Irak et en Afghanistan au côté des Etats-Unis. Une entrée en guerre qu’une grand part du peuple britannique n’excuse pas à son ancien Premier ministre. Dans The Sun, Peter Brierley, qui s’était fait connaître en octobre 2009 en refusant publiquement de serrer la main de Tony Blair après la mort de son fils en Irak en 2003, a eu cette phrase assassine : "J’aurais aimé que cet argent vienne de quelqu’un d’autre".

Même son de cloche pour Rose Gentel, militante anti-guerre en Irak, et dont le fils est décédé à Bassorah en 2004. "J’ai parlé à d’autres parents et tout le monde est d’accord pour dire que ça ne change rien"’ a-t-elle assuré dans The Guardian. "C’est bien de le faire maintenant, mais ce sont les décisions de Blair qui ont mis dans cette position. Je le tiens encore pour responsable de la mort de mon fils."