Après sa libération, le journaliste germano-turc dit avoir été l'"otage" de la Turquie

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Après sa libération, le journaliste germano-turc dit avoir été l'"otage" de la Turquie
Deniz Yücel est également revenu sur le sort des journalistes emprisonnés en Turquie. @ KARLHEINZ SCHINDLER / DPA / AFP
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Dans une vidéo publiée sur Twitter, Deniz Yücel revient sur les conditions de son incarcération et sur le sort des journalistes emprisonnés en Turquie. 

Une situation kafkaïenne. Le journaliste germano-turc Deniz Yücel, libéré vendredi après un an de détention en Turquie, a estimé avoir été l'"otage" d'Ankara alors que la justice turque ne lui a jamais signifié sa mise en accusation. 

Prison de haute sécurité d'Istanbul. "Ce qui est drôle, c'est que je ne sais toujours pas pourquoi j'ai été emprisonné pendant un an, pourquoi j'ai été pris en otage pendant un an", a-t-il affirmé dans une vidéo postée sur Twitter en allemand et en turc après son retour à Berlin, dans la nuit de vendredi à samedi. Il s'agit des premières déclarations du journaliste du quotidien allemand Die Welt après sa libération d'une prison de haute sécurité d'Istanbul où il était incarcéré depuis un an et deux jours.

Relations acrimonieuses entre l'Allemagne et la Turquie. "Et je en sais pas non plus pourquoi j'ai été libéré aujourd'hui", poursuit ce reporter de 44 ans, interpellé le 14 février 2017 à Istanbul. "Bien évidemment je me réjouis, mais il reste un arrière goût amer", selon lui. Sa mise en détention, qui avait soulevé une vague d'indignation et de mobilisation en Allemagne, avait largement contribué à tendre les relations déjà acrimonieuses entre Berlin et Ankara.

"Propagande pour le compte d'une organisation terroriste". Dans son message, Deniz Yücel interpelle également sur le sort des journalistes turcs emprisonnés et "qui n'ont rien fait d'autre que leur travail". Peu avant sa libération, un tribunal d'Istanbul avait accepté un acte d'accusation réclamant jusqu'à 18 ans de prison contre Deniz Yücel, accusé de "propagande pour le compte d'une organisation terroriste" et d'"incitation à la haine". De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a assuré n'avoir conclu "aucun 'deal' qu'il soit sale ou propre" avec la Turquie pour obtenir la remise en liberté du journaliste. "La Turquie n'a rien exigé et n'aurait rien pu obtenir", a-t-il ajouté, indiquant vouloir désormais "un meilleur dialogue" avec Ankara, partenaire de poids de l'Allemagne au sein de l'Otan mais aussi en raison de l'importante communauté turque vivant en Allemagne.

La libération du journaliste survient au moment où Ankara a multiplié les gestes d'apaisement ces dernières semaines.