Alep : "S'ils ne nous tuent pas ici, ils nous tueront ailleurs"

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Les rebelles évacués d'Alep doivent être transférés à Idleb, zone qui échappe encore au contrôle du régime. Mais cela n'a rien d'une mise en sécurité, selon un activiste contacté vendredi par Europe 1.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Plusieurs milliers d'habitants d'Alep, en Syrie, ont été évacués dans la nuit de jeudi à vendredi après l'accord conclu entre les forces de Bachar al-Assad et les rebelles suivant une offensive dévastatrice menée par le régime. 6.000 civils ont pu être évacués dans la nuit de jeudi à vendredi, dont 250 blessés, selon le gouvernement russe. La plupart sont transférés en bus vers la frontière turque. L'opération d'évacuation de milliers de civils et combattants des derniers quartiers rebelles d'Alep a ensuite été suspendue vendredi par les forces du régime, a affirmé à l'AFP une source de sécurité syrienne.

"Ils nous emmènent vers leur prochaine cible". Les rebelles évacués, eux, doivent être emmenés avec leurs armes et leurs familles vers la ville d'Idleb, à une soixantaine de kilomètres au sud ouest d'Alep, zone rebelle qui échappe encore au contrôle du régime et qui est tenue par le front Fatah al-Cham, ancienne branche d'Al Qaida. Mais les activistes ne se font pas d'illusions sur ce qui les attend : "Ils nous emmènent vers leur prochaine cible", assure Monther, un opposant joint par Internet par Europe 1. "Ils n'ont pas pu massacrer tout le monde ici en silence. Mais s'ils ne nous tuent pas à Alep, ils nous tueront ailleurs."

"Il n'y a pas de sécurité". Ces dernières semaines les combats se sont intensifiés également en dehors d'Alep. A Idleb, les barils d'explosifs largués il y a plusieurs semaines par les hélicoptères du régime ont visé notamment une école et deux hôpitaux, selon l'Unicef. Aussi, depuis plusieurs jours, les forces du régime cherchent à enrôler de force de nombreux civils, à en croire de nombreux témoignages relayés notamment par les Nations Unies, ce qui laisse présager que les combats en Syrie ne sont pas terminés. "Il n'y a pas de sécurité dans les campagnes vers l'ouest, ni à Idleb. Il (Bachar al-Assad) va continuer d'essayer de tuer tous ceux qui sont évacués en ce moment d'Alep parce que, honnêtement, nous sommes les seuls témoins des crimes du régime d'Assad", ajoute Monther.

Poutine promet un cessez-le-feu sur tout le territoire. Le président russe Vladimir Poutine, soutien du régime, a pour sa part déclaré vendredi que "la prochaine étape" pour la Syrie serait "un cessez-le-feu sur l'ensemble du territoire". "Nous menons des négociations intenses avec les représentants de l'opposition armée, notamment grâce à la médiation de la Turquie", a-t-il affirmé en marge d'une visite à Tokyo. "Nous nous sommes mis d'accord lors d'un entretien téléphonique avec M. Erdogan (le président turc Recep Tayyip Erdogan) pour proposer aux différentes parties du conflit un nouveau terrain pour des pourparlers de paix. Cela pourrait être la capitale du Kazakhstan, Astana", a ajouté le chef d'Etat russe, allié du président syrien Bachar al-Assad.

Bachar al-Assad, qui a aussi bénéficié du soutien de l'Iran, a pour sa part affirmé que les Syriens "écrivaient l'Histoire" avec la "libération" en cours d'Alep.