Aéroport Heathrow : les députés britanniques approuvent l'extension

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Aéroport Heathrow : les députés britanniques approuvent l'extension
Le projet d'agrandissement a suscité d'importantes oppositions auprès de la société civile comme de compagnies aériennes. Image d'illustration. @ LEON NEAL / AFP
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Lundi soir, les députés britanniques ont approuvé, par 415 voix contre 119, la construction d'une troisième piste à l'aéroport londonien d'Heathrow. 

Les députés britanniques ont approuvé lundi soir la construction d'une troisième piste à l'aéroport londonien d'Heathrow, le premier d'Europe en termes de passagers. Cette décision est survenue à l'issue d'un âpre débat qui pourrait désormais se poursuivre devant les tribunaux. Selon le ministère des Transports, la construction de la troisième piste devrait être achevée d'ici à la fin 2025, et sera financée par le secteur privé. Le chantier, d'un montant estimé à 14 milliards de livres (15,9 milliards d'euros), doit permettre la création de 114.000 emplois d'ici à 2030. 

"La population a été ignorée". Le projet a été adopté par 415 voix contre 119. Le gouvernement avait imposé aux députés du Parti conservateur, profondément divisé sur la question, de soutenir le projet. La consigne avait entraîné jeudi la démission du secrétaire d'Etat au Commerce international, Greg Hands. "La population a été ignorée tout au long de ce processus", a dénoncé l'ancienne secrétaire d'État aux Transports, la députée conservatrice Justine Grenning. "Pour que votre voix compte, il faut que vous soyez un grand syndicat ou une grosse société, c'est totalement inacceptable".

Plainte de Greenpeace. Le projet avait suscité d'importantes oppositions auprès de la société civile comme de compagnies aériennes, les uns craignant les nuisances sonores et la pollution supplémentaire engendrées par l'augmentation du trafic aérien, les autres s'inquiétant des implications financières du projet. 

Dans un communiqué, Greenpeace a d'ores et déjà annoncé son intention de contester en justice cette décision. "Si une nouvelle piste est construite, le gouvernement ne sera pas en mesure de s'attaquer aux niveaux illégaux de pollution de l'air", a déclaré John Sauven, le directeur de l'ONG au Royaume-Uni. "Mais si nos ministres ne veulent pas faire respecter les lois qui doivent nous protéger du changement climatique et des fumées toxiques, nous demanderons à un tribunal de s'en charger".

British Airways mécontente. "Le Parlement a approuvé l'extension d'Heathrow sans la moindre idée de combien cela coûtera", a déploré de son côté Willie Walsh, le directeur exécutif d'IAG, la maison mère de British Airways. "Nous n'avons aucune confiance dansla capacité de la direction de l'aéroport à mener à bien ce projet tout en maintenant des charges aéroportuaires au même niveau". Il a fait part de sa volonté de saisir sur la question l'Autorité britannique de l'aviation civile. IAG craint que la hausse des taxes d'aéroport n'entraîne celle des prix des billets. Le groupe voit par ailleurs d'un mauvais œil l'arrivée probable de nouveaux concurrents sur ce hub, en particulier de groupes low-cost.

"Heathrow déborde", se justifie le gouvernement. "Il aura fallu 50 ans pour aboutir à ce vote historique, qui représente la plus importante décision en termes de transport de cette génération", avait souligné avant le vote le ministre des Transports, Chris Grayling. "Heathrow déborde aujourd'hui", a-t-il avancé pour justifier le projet. Avec plus de 75 millions de voyageurs accueillis chaque année, l'aéroport  d'Heathrow est le premier d'Europe en termes de voyageurs. Il accueille actuellement plus de 80 compagnies aériennes desservant plus de 200 destinations.