À Mossoul, des dizaines de victimes civiles après des frappes de la coalition

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Plus de 130 corps ont été retrouvés ces derniers jours dans les décombres de maisons touchées par des frappes, sur le quartier d'al-Jadida, dans l'ouest de Mossoul.

REPORTAGE

La bataille de Mossoul continue et n'épargne pas les civils. La coalition internationale, aux prises avec les djihadistes de l'État islamique pour reprendre la ville irakienne, a reconnu samedi être à l'origine de frappes aériennes qui ont entraîné la mort de dizaines de personnes dans le quartier d'al-Jadida, dans l'ouest de Mossoul. Plus de 130 corps ont été retrouvés dans les décombres de maisons touchées ces derniers jours.

Une odeur insoutenable. Ce quartier était contrôlé par les djihadistes. Les forces spéciales irakiennes s'en sont emparé il y a peu. L'accès est bouclé, il n'est pour l'instant pas possible de s'y rendre. Mais un habitant tout juste sorti de la zone affirme avoir lui-même aidé à extraire plus d'une centaine de dépouilles des soubassements d'une maison, des hommes, des femmes et des enfants. Les bulldozers restent à l'œuvre au milieu des gravats. D'autres habitants d'al-Jadida décrivent à Europe 1 une odeur de cadavre insoutenable.

Boucliers humains. Le général irakien qui a mené l'offensive dans ce quartier a d'abord confirmé une demande de frappes de son unité dans la rue sans toutefois savoir qu'autant de civils étaient réfugiés dans les maisons. Il s'est ensuite rétracté, et affirme désormais que c'est une voiture suicide de Daech qui aurait explosé. Les habitants d'al-Jadida assurent, eux, que les frappes aériennes sont permanentes. Si un sniper de Daech est positionné sur le toit, l'aviation détruit toute la maison, explique une femme du quartier à Europe 1. Or dans Mossoul, les civils devenus les boucliers humains des djihadistes se réfugient souvent dans les étages inférieurs et dans les caves.