A Chypre, le casse-tête des billets

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avec agences , modifié à
La réouverture des banques, c'est pour jeudi. Mais, au quotidien, des restrictions s’appliqueront.

Rouvertes oui… mais. Voilà 12 jours que les banques à Chypre sont fermées pour éviter la fuite des capitaux. Jeudi, les établissements bancaires de ce pays qui vient de bénéficier d’un plan de sauvetage international, vont rouvrir leurs portes. Y Laïki (Popular Bank) et Bank of Cyprus, les deux principales banques de l'île, les plus durement touchées. Un soulagement pour les Chypriotes évidemment mais, au quotidien, ils ne vont pas pouvoir se rendre au distributeur de billets aussi librement qu’avant.

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Des retraits limités. Un décret ministériel, valable quatre jours, continue à limiter tous les retraits à 300 euros par personne et par jour. C’est cependant mieux que la règle en vigueur depuis le début de la crise : 120 et 100 euros par jour pour les clients de Laïki et Bank of Cyprus. Le texte signé par le ministre des Finances, Michalis Sarris, justifie ces mesures en évoquant "le manque de liquidités conséquentes et le risque important de fuite des dépôts, avec pour résultat possible l'effondrement des institutions de crédit".

Les virements à l’étranger aussi. Le décret pris mercredi soir limite également les paiements par carte de crédit et les virements à l'étranger à 5.000 euros par mois, par personne et par banque. Les voyageurs quittant l'île ne pourront porter sur eux plus de 1.000 euros en espèces. Les résidents chypriotes seront malgré tout autorisés à subvenir aux frais de leurs enfants étudiants à l'étranger à hauteur de 5.000 euros par trimestre.

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Compliqué aussi pour les entreprises. Les montants des transactions commerciales ne seront pas limités, mais au-delà de 5.000 euros, les entreprises devront prouver à une commission que la dépense correspond à leur activité ordinaire, et au-delà de 200.000 euros, la commission sera tenue de prendre en compte la situation de la banque avant de donner son aval. Les entreprises pourront cependant payer leurs salariés à l'étranger et les compagnies d'assurance verser des dédommagements sans restriction.

Et les employés des banques dans tout ça ? Craignant des débordements, le syndicat des employés de banque, Etyk, a assuré que ces derniers étaient prêts à reprendre le travail, tout en appelant la population à ne pas faire retomber sa frustration sur eux. "En tant qu'employés de banque, nous ne sommes pas responsables mais au contraire, les collègues sont eux-mêmes victimes d'actes et/ou d'omissions criminelles qui ont conduit à ce désastre et placent beaucoup de gens dans une situation très tragique", a-t-il souligné dans un communiqué.