120 pièces, un golf, une salle de bal… Bienvenue dans la "Maison-Blanche" d'hiver de Donald Trump

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Europe 1 a pu visiter la résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où Donald Trump recevra jeudi et vendredi le président chinois Xi Jinping. Comme attendu, le décor est plutôt cossu.

L'ENQUÊTE DU 8H

Donald Trump lui-même l'appelle sa "Maison-Blanche d'hiver". La luxueuse résidence de Mar-a-Lago, située à Palm Beach en Floride, n'est pas qu'une simple maison de vacances pour le président américain. C'est là qu'il reçoit en grande pompe, jeudi et vendredi, le président chinois Xi Jinping, pour une rencontre qui s'annonce complexe. Privilège rare, Europe 1 a pu visiter la demeure, dans laquelle Donald Trump s'est déjà rendu six fois en moins de trois mois de présidence.

Un dédale de 120 pièces. Au milieu des palmiers, cette demeure centenaire, décorée par des artistes italiens est étonnamment peu clinquante… Si ce n'est une peinture kitsch, fièrement accrochée au mur, représentant le maître des lieux. "Le premier étage compte 17 chambres, dont la chambre à coucher de Donald", indique George Lombardi, un proche de Donald Trump et membre de Mar-a-Lago depuis que le milliardaire en a fait un club semi-privé (clients et invités peuvent y occuper les salles de réception, le restaurant ou le parcours de golf). Au total, la maison principale possède près de 120 pièces, parmi lesquelles une immense salle de bal, décorée dans un style qui rappelle étrangement la galerie des Glaces du palais de Versailles.

"La diplomatie du golf". L'extérieur de la résidence est tout aussi fastueux : deux piscines, une plage, des courts de tennis… Sans oublier le fameux golf, où le président-propriétaire a emmené le Premier ministre japonais en février dernier. "Le futur, c'est la diplomatie du golf. Dieu sait que l'on fait de bonnes affaires quand on joue au golf. Tu joues pendant deux heures, trois heures, et tu parles, et tu en viens à connaître vraiment la personne, tu comprends son caractère", assure George Lombardi.

L'importance de jouer à domicile. On sait déjà qu'il n'y aura pas de partie de golf avec le président chinois, car c'est interdit pour les cadres du parti communiste. Pourtant, Donald Trump tenait vraiment à le faire venir chez lui en Floride. Le président américain a besoin de jouer à domicile. En effet, à la Maison-Blanche, on l'a parfois vu mal à l'aise avec d'autres chefs d'Etat. Et cette fois, Donald Trump s'attend à une rencontre "difficile" avec son homologue chinois. Le dîner, jeudi soir, dans la salle à manger aux colonnes de marbre sera peut-être tendu. Cette fois, les portes resteront closes. En février dernier, pour la venue du Premier ministre japonais, Donald Trump avait dîné au beau milieu des membres du club, dans le patio aux jolies céramiques.

Une très onéreuse carte de membre. Être membre de Mar-a-Lago, c'est en fait avoir un accès unique au président des Etats-Unis. Mais être aux premières loges a un prix. "Pour être membre de Mar-a-Lago, ils ont doublé le prix de la cotisation. Je crois qu'il faut 200.000 dollars. C'est populaire, tout le monde veut suivre le pouvoir. Et le pouvoir est à Mar-a-Lago", souffle Régine Traulsen, une vieille connaissance de Donald Trump à Palm Beach. C'est cher, mais cela peut rapporter gros. Parmi les nouveaux ambassadeurs nommés par Donald Trump, trois d'entre eux sont des membres de Mar-a-Lago.


Très chères visites… pour l'Etat de Floride

Les visites très régulières de Donald Trump à Mar-a-Lago ne sont pas synonymes de bonne nouvelle pour les élus de Floride. Et pour cause, chacune d'entre elles engendre un manque à gagner considérable pour l'économie du secteur : espace aérien fermé, routes barrées, déploiement des services spéciaux… Même les petites entreprises en pâtissent. "Les pertes globalement enregistrées par les petites entreprises représentent à ce jour la somme stupéfiante de 720.000 dollars", dénoncent des élus démocrates de Floride dans une lettre envoyée à Donald Trump. Le JDD rappelle que le coût total des visites présidentielles pourrait atteindre sur l'année entre 3,3 et 5,8 millions de dollars pour le comté de Palm Beach. Dans leur lettre, les élus démocrates de Floride demandent explicitement à Donald Trump de rembourser ces coûts.