"Allah n'a jamais dit de couper des têtes", affirmait Hasna Aït Boulahcen

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"Allah n'a jamais dit de couper des têtes", affirmait Hasna Aït Boulahcen
La vidéo a été filmée en juin 2015 par une amie de Hasna Aït Boulahcen, à l'aide d'un smartphone. @ Capture d'écran
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Dans une vidéo tournée en juin dernier, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud évoque son cousin, commanditaire opérationnel présumé des attentats du 13 novembre, et le projet qu'elle avait de partir en Syrie pour de "l'humanitaire". 

VIDEO

La vidéo a été diffusée jeudi soir dans l'émission Envoyé Spécial. Dans cette mise en scène, tournée en juin dernier avec l'aide d'une amie, Hasna Aït Boulahcen apparaît en veste de jogging, un voile bleu lui couvrant le cou et la tête. La jeune femme, morte avec son cousin Abdelhamid Abaaoud, le 18 novembre dernier, lors de l'assaut de Saint-Denis, parle de sa relation à lui. C'est elle qui l'avait aidé à trouver cette planque où se cacher. Le Belge de 27 ans, soupçonné d'être le commanditaire opérationnel des attentats du 13 novembre à Paris, était déjà recherché par les polices européennes au moment de l'enregistrement de cette vidéo.

Sur ses liens avec le terroriste. "Abdelhamid, c'est mon cousin, voilà. C'est le fils de la sœur à ma mère", précise-t-elle. "C'est vrai qu'il a été recherché et qu'il est toujours recherché par la police mondiale. Et pour moi, voilà, c'est mon cousin." Alors que son cousin a fait le choix de partir en Syrie, et que le petit frère de ce dernier l'y a même rejoint en 2014, elle déclare : "C'était son choix de partir en Syrie."


Envoyé spécial. Hasna Aït Boulahcen, la cousine d'Abaaoud, en juin 2015 : "Allah, il n'a jamais dit de couper des têtes"

"Je suis contre" le fait de couper les têtes. Ce qu'elle pense de ce départ ? "C'est un bon choix parce qu'il a voulu faire le djihad en Syrie, voilà", répond-t-elle à son amie. Elle développe : "Après, il est là pour aider parce qu'il y a la guerre. Par contre, moi je dis, les gens comme on voit dans les vidéos, si c'est pour couper les têtes… je suis contre, je ne vais pas dire que je suis pour, parce qu'Allah, il n'a jamais dit de couper des têtes." 

Elle voulait partir en Syrie. Alors âgée de 26 ans, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud nourrit elle aussi le souhait de partir : "C'est vrai, j'ai envie de partir en Syrie", reconnaît-elle.  Mais c'est dans la perspective de porter assistance aux populations locales qu'elle affirme vouloir le faire. "La Syrie souffre, souffre tous les jours, comme la Palestine. Pour moi, c'est inadmissible qu'on n'aide pas la Palestine et la Syrie. Je veux partir là-bas et les aider, et faire un truc humanitaire, sans faire la guerre, sans être une terroriste", explique-t-elle.