Un pompier affirme qu'à son arrivée, Adama Traoré n'avait déjà "plus de ventilation", "plus de pouls"

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Un pompier affirme qu'à son arrivée, Adama Traoré n'avait déjà "plus de ventilation", "plus de pouls"
Depuis bientôt deux mois, la famille et les proches d'Adama Traoré réclament que lumière soit faite sur les circonstances exactes de sa mort. @ Thomas SAMSON / AFP
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A leur arrivée, les pompiers découvrent un jeune homme déjà "inconscient" et "sans pouls". Une version qui contraste avec celle des forces de l'ordre. 

Bientôt deux mois après le décès controversé d'Adama Traoré dans la cour de la gendarmerie de Persan, dans le Val d'Oise, la version des secours vient contrebalancer celle des gendarmes. Un témoignage qui apporte un nouvel éclairage aux circonstances de la mort non élucidée de ce jeune de 24 ans. Auditionné par les enquêteurs de l'IGPN, l'un de ces pompiers affirme qu'à son arrivé, Adama Traoré "n'a plus de ventilation", "plus de pouls".  

Des versions contradictoires. Pour rappel, le décès d'Adama Traoré a été prononcé mardi 19 juillet à la gendarmerie de Persan, peu après son interpellation musclée dans la commune voisine de Beaumont-sur-Oise. C'est durant le court trajet qui les sépare de la brigade que l'interpellé perd connaissance. L'un des officiers "remarque que la personne récupérée a la tête qui part vers l'avant" et a uriné sur le siège de la voiture. Sans lui enlever les menottes, les militaires le placent en position latérale de sécurité (PLS) dans la cour intérieure de leur gendarmerie.

Ils appellent ensuite les secours, qui constatent son décès. C'est dès cet instant que les versions des faits divergent. 

"Sur le ventre, face contre terre". "Quand j'arrive sur la victime, il y a du monde autour mais personne ne s'en occupe. La victime se trouve sur le ventre, face contre terre", explique un sapeur-pompier, qui exerce ce métier depuis 27 ans. Malgré son malaise et contrairement à ce qu'affirment les gendarmes, le jeune homme n'a pas été placé en PLS, constate-t-il. Il doit alors insister plusieurs fois pour que les gendarmes acceptent d’ôter les menottes d'Adama Traoré. "Ce gendarme me répète que cet individu est violent et simule".

"La victime n'a plus de ventilation". "Je constate que la victime n'a plus de ventilation", se souvient le sapeur-pompier, chef d'équipe ce jour-là. "Je redemande au gendarme de retirer les menottes afin de commencer un massage cardiaque. Il s’exécute à enlever les menottes, les deux menottes, malgré sa réticence apparente", décrit-il.  Mais il est déjà trop tard, et le cœur d'Adama Traoré ne repartira pas. 

Sa famille réclame la vérité. Une "bavure", pour la famille et les proches du jeunes homme, qui réclament "la vérité" depuis le décès de ce jeune homme, qui fêtait ce 19 juillet son 24e anniversaire. La mort du jeune homme a suscité plusieurs mobilisations ainsi que de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, autour du hashtag #JusticePourAdama, parfois associé à #BlackLivesMatter, utilisé pour dénoncer les brutalités policières contre les Noirs aux Etats-Unis.