Raphaël Maillant va-t-il obtenir l'annulation de sa condamnation ?

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Raphaël Maillant va-t-il obtenir l'annulation de sa condamnation ?
@ AFP
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Condamné à 17 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ex-petite amie, qu'il a toujours nié, Raphaël Maillant espère obtenir enfin, jeudi, l'annulation de sa condamnation.

>> EDIT 24/09 14h45 - La cour de révision a rejeté le recours de Raphaël Maillant contre sa condamnation à 17 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ancienne petite amie, qu'il a toujours nié.

C'est la dernière ligne droite. Le dernier espoir d'un homme qui clame son innocence depuis 17 ans. Agé de 45 ans, Raphaël Maillant espère enfin être innocenté par la justice, après sa condamnation en 1997 pour le meurtre de son ex-petite amie, crime qu'il a toujours nié. Jeudi, la Cour de révision dira si elle accepte ou non d'annuler sa condamnation et si elle ordonne un nouveau procès, devant une nouvelle cours d'assises.

L'avocat général préconise un rejet du recours. Lors de l'audience du 18 juin dernier, Raphaël Maillant avait une fois de plus affirmé son innocence, implorant la Cour : "Je vous supplie aujourd'hui de m'accorder cette révision". Mais l'avocat général, Patrick Sassoust avait déclaré ne pas chercher "à défendre coûte que coûte une erreur judiciaire, si tant est qu'elle existe".

Le magistrat avait notamment estimé que bon nombre des nouveaux éléments, apportés au dossier par la défense, n'étaient pas de nature à établir l'innocence de Raphaël Maillant ou à faire naître un doute sur sa culpabilité. L'avocat général s'était donc prononcé pour le rejet de sa requête. Cependant, la Cour de révision n'est pas tenue de suivre cet avis.

Condamné sur les déclarations de son meilleur ami… Raphaël Maillant, formateur d'animateurs sportifs, a été libéré en 2004. Le 14 mars 1997, il avait écopé de 17 ans de réclusion criminelle devant la cour d'assises des Vosges pour le meurtre de son ancienne petite amie, Valérie Bechtel. Six ans plus tôt, le 12 août 1991, cette jeune secrétaire de 20 ans était retrouvée morte dans un fossé de la forêt domaniale de Thaon-les-Vosges. Lors de son procès, pour lequel il n'était "pas préparé" à se défendre, Raphaël Maillant a eu le sentiment de n'être qu'un "spectateur".

... Lui-même condamné pour le meurtre de sa femme. Faute d'éléments matériels probants, c'est essentiellement sur la foi des accusations de Yann Bello, son meilleur ami de l'époque, qu'il a été jugé coupable. Selon ces déclarations accusatrices, Raphaël Maillant aurait tué son ex-petite copine après un cambriolage ayant mal tourné chez les parents de la jeune femme, où ils étaient venus voler un magnétoscope. Puis, les deux camarades auraient transporté le corps dans la forêt.

Yann Bello, lui, avait écopé de deux ans de prison pour vol et recel de cadavre. Mais depuis, le Vosgien a été condamné en 2014 par la cour d'assises de Charente-Maritime à 25 ans de réclusion - décision dont il a fait appel - pour le meurtre et le viol, en 2011, de sa jeune épouse, Charlène, âgée de 23 ans.

Deux crimes, le même modus operandi. Fait troublant, le mode opératoire du meurtre de Valérie est identique à celui de Charlène. En effet, les victimes, violemment frappées avant la mort, ont toutes deux été retrouvées nues et étranglées. La première, avec un torchon, la deuxième, avec une serviette. Des similitudes intrigantes que la défense de Raphaël Maillant a mis en avant à l'appui de sa requête en révision, tandis que l'avocat général et l'avocat de la famille Bechtel, Gérard Welzer, insistent sur les différences entre les deux crimes. 

Un homme "blessé à vie". Depuis sa condamnation, Raphaël Maillant n'a de cesse de se battre aux côtés de son avocate pour obtenir sa réhabilitation. "Mon client a purgé neuf ans et demi de prison pour rien, alors qu'il est innocent. Il va de soi qu'il est complètement meurtri et blessé à vie", déclare au micro d'Europe 1 Sylvie Noachovitch.

Deux demandes de révision ont déjà été présentées en 1999 et 2006. Et rejetées. Jusqu'à la troisième requête, en 2013, où "nous avons été entendu. Et où la Commission de révision  a renvoyé devant la Cour de révision", explique l'avocate. "Evidemment, sa vie ne sera jamais ce qu'elle aurait été s'il était resté en liberté. Il essaie toujours de sortir de cette dépression. Il essaie véritablement de survivre", confie Sylvie Noachovitch.  

Un combat vers la réhabilitation. Jeudi, la décision que rendra la Cour de révision va donc marquer un tournant dans la vie de l'accusé. "Pour lui, l'important, aujourd'hui, c'est d'être lavé. C'est sa seule motivation : être considéré comme innocent aux yeux de la loi. C'est vraiment une décision qui est fondamentale, tant pour lui-même que pour sa famille", souligne auprès d'Europe 1, Me Sophie Noachovitch. Si celle-ci est favorable à son client, ce serait la douzième fois depuis 1945 que la justice accepte de réviser un procès et une condamnation.