Isère : l'hypothèse d'une complicité écartée pour l'ex-directeur d'école de Villefontaine

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Isère : l'hypothèse d'une complicité écartée pour l'ex-directeur d'école de Villefontaine
L'analyse des supports informatiques appartenant au directeur d'école pédophile de Villefontaine, dans l'Isère, qui s'est suicidé en prison en avril 2016, a permis d'écarter l'hypothèse d'une complicité.@ DENIS CHARLET / AFP
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L'analyse des supports informatiques de l'ex-directeur de Villefontaine, soupçonné de pédophilie en 2015, a permis d'écarter l'hypothèse d'une complicité, selon le parquet de Grenoble.

L'analyse des supports informatiques appartenant au directeur d'école pédophile de Villefontaine, dans l'Isère, qui s'est suicidé en prison en avril 2016, a permis d'écarter l'hypothèse d'une complicité, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Grenoble. Ces disques durs, disquettes et CD-ROM avaient été confiés à la gendarmerie par la femme de Romain F., qui les avait retrouvés dissimulés dans le double toit de leur maison, quelques jours avant son suicide en détention.

Vérifier s'il y a de "nouvelles victimes potentiellement identifiables". "Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas eu de découverte de complicité. C'étaient les faits d'un homme seul", a déclaré Jean-Yves Coquillat, procureur de la République à Grenoble. Le travail du juge d'instruction en charge de cette affaire "hors norme" et des enquêteurs n'est pas encore fini malgré la mort de l'auteur des faits : il faut encore vérifier s'il y a de "nouvelles victimes potentiellement identifiables".

Plus de 11.000 vidéos. Les supports informatiques analysés ont livré "environ 512.000 photos et plus de 11.000 vidéos dont la grande majorité proviennent d'internet où il les avait soit achetées soit reçues en peer-to-peer (échange d'internaute à internaute, ndlr)", a souligné le procureur. "D'autres, beaucoup moins nombreuses, sont des photos ou des montages qu'il avait faits lui-même lors des "ateliers du goût" où l'instituteur imposait des fellations à des élèves aux yeux bandés, a poursuivi le magistrat, insistant sur le fait "qu'aucune trace d'exportation (sur le net) de ses photos n'a été trouvée".

"Il y aura un non-lieu de par l'extinction de l'action publique". Sur ces photos, qui intéressent la justice, "les enfants sont parfois aisément identifiables, d'autres fois il faut faire des mesures de rapprochement". "Le juge va comparer ces photos avec les victimes déjà identifiées et voir s'il y en a d'autres et s'il est possible de les identifier", a expliqué Yves Coquillat. "Les fichiers sont classés sous forme de prénoms. Il peut avoir utilisé les prénoms des victimes mais pas forcément", a-t-il mis en garde. "C'est la fin du travail à faire. Ensuite le dossier sera réglé et il y aura un non-lieu de par l'extinction de l'action publique en raison de la mort du prévenu", a conclu le procureur.