Enlèvement de Rifki : qui est le suspect ?

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Enlèvement de Rifki : qui est le suspect ?
@ MINISTERE DE L'INTERIEUR/AFP
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PROFIL - Ahmed, 25 ans, serait arrivé de Mayotte en juin. Il fait déjà l'objet de poursuites pour agression sexuelle sur mineur.

Après le soulagement, les questions. Que s'est-il passé entre samedi 14 heures, quand Rifki, 4 ans, a été enlevé dans le centre-ville de Rennes, et dimanche à la même heure, lorsque les gendarmes l'ont retrouvé avec son ravisseur dans un TGV en Gironde ? Les enquêteurs de la police judiciaire tentent de reconstituer ces 24 heures d'angoisse. Le suspect, un homme de 25 ans prénommé Ahmed, est entendu depuis lundi après-midi au commissariat central de Rennes.

>> Mise à jour du mardi 18 août :Le suspect reconnaît "un geste déplacé"

L'avocate d'Ahmed, Emmanuelle Kahn-Renault, a déclaré à Europe 1, mardi après-midi, que le ravisseur présumé de Rifki a reconnu, en garde à vue, avoir eu "un geste déplacé" sur le petit garçon, mais durant le temps de cohabitation avec la famille. Il nie en revanche catégoriquement avoir agressé l'enfant pendant le rapt.

Poursuivi pour agression sexuelle sur mineur. La garde à vue du ravisseur présumé pour enlèvement et séquestration de mineur a été prolongée de 24 heures, lundi. Il était déjà connu des services de police pour des faits de vol, tentative de vol avec effraction et usage de stupéfiants. Surtout, il "fait d'ores et déjà l'objet de poursuites pour des faits d'agression sexuelle au préjudice d'un mineur de quinze ans", a indiqué lundi soir le parquet de Rennes dans un communiqué. "Il devra répondre de ces faits en janvier prochain devant le tribunal correctionnel de Rennes".

Entendu par les enquêteurs, le petit Rifki n'a toutefois évoqué "aucune violence de quelque nature qui aurait pu être commise par le mis en cause qu'il appelle familièrement 'Tonton Ahmed'", a précisé le parquet.

"Un gamin un peu fracassé par la vie". Ahmed est installé en France métropolitaine depuis juin. Le jeune homme vient de Mayotte, selon son avocate. Au téléphone, celle-ci parle à Europe 1 d'un "gamin un peu fracassé par la vie", dont le "mal-être" est manifeste, et qui aurait été maltraité et placé en foyer pendant son enfance.

Il parle aux enquêteurs. Reste à connaître les raisons de son acte. Lundi, le suspect répondait plutôt spontanément aux enquêteurs, selon les premières informations. "Les auditions du mis en cause se poursuivent et l'on s'oriente vers une présentation, à l'issue de la garde à vue ce mardi, devant un juge d'instruction en vue de l'ouverture d'une information judiciaire", a indiqué le parquet. Le jeune homme risque trente ans de réclusion criminelle.

Des auditions compliquées. Lundi, l'audition du suspect a été marquée par quelques soucis de compréhension avec son avocat et les enquêteurs. Ahmed parle très mal français et ne s'exprime qu'en créole. Il est illettré et son avocate a du mal à le comprendre. Il affirme que l'enfant l'a suivi de son plein gré et qu'il ne voulait pas lui faire du mal. Ils ont voyagé en bus, en train, en métro, et ont passé une nuit dans la rue à Paris. Le suspect nie en revanche catégoriquement avoir agressé l'enfant. Les enquêteurs vont confronter ses dires à ceux de l'enfant.