Disparition de Mathis : il "reste mon fils sur le plan génétique"

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Disparition de Mathis : il "reste mon fils sur le plan génétique"
Sylvain Jouanneau@ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Le père de Sylvain Jouanneau, condamné jeudi à 20 ans de réclusion pour avoir enlevé et séquestré son fils, Mathis, disparu en 2011, regrette que ce procès n’ait pas permis de connaître  la vérité.

Jusqu'au bout, l'accusé a refusé de dire ce qu'est devenu son fils, Mathis, 8 ans. Sylvain Jouanneau a été condamné jeudi à 20 ans de réclusion pour avoir enlevé et séquestré son fils, disparu en 2011 et resté introuvable depuis. Alors qu’il en avait la garde partagée, ce père de famille n’a jamais ramené son fils à sa mère, restant mutique sur ce qui avait bien pu se passer. Et son procès devant la cour d’assises de Caen n’aura pas permis d’élucider le mystère sur la disparition de Mathis. Le père de Sylvain Jouanneau, Jean-Pierre, se dit abattu.

"Je ne sais plus où j'en suis sur le plan sentimental avec lui". C’est d’abord le sentiment de tiraillement qui envahit Jean-Pierre Jouanneau, partagé entre le fait de vouloir rejeter son fils et garder un lien avec lui. "C'est du gâchis. Je ne sais plus où j'en suis sur le plan sentimental avec lui. Ça reste mon fils sur le plan génétique, mais les sentiments sont vraiment très ténus, compte tenu de la gravité de l'acte. Mon fils, avec les 20 ans de prison, on ne le reverra peut-être jamais en liberté", réagit-il encore.

Ecoutez le témoignage de Jean-Pierre Jouanneau : 


Jean-Pierre Jouanneau : Sylvain "reste mon fils...par Europe1fr

Les deux hypothèses "plausibles", mais… Concernant le fond de l’histoire, à savoir est-ce que Mathis a été tué ou est-ce qu’il a été confié à un réseau musulman comme l’affirme son père, Jean-Pierre Jouanneau est partagé. "Je considère comme plausible les deux hypothèses : le fait qu'il soit en vie entre les mains d'un réseau ou alors qu'il ne soit plus en vie", explique-t-il.

Difficile toutefois d’imaginer le pire, d’imaginer son fils comme étant le meurtrier de son propre enfant. "Mais je ne peux pas concevoir que mon fils soit parti avec la volonté de faire du mal à son fils. Mais ça a pu arriver de façon accidentelle : une colère, un mauvais geste, aussi bien de l'enfant que du père. S'il y a eu décès, pour moi, c'est accidentel. Je ne peux pas concevoir, malgré tout ce qu'il a fait, qu'il ait pu avoir la volonté de le détruire au départ", se persuade le père de famille.