Comment la planque de Saint-Denis a-t-elle été identifiée ?

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Comment la planque de Saint-Denis a-t-elle été identifiée ?
@ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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L’enquête sur les attentats de Paris est remontée jusqu’à un appartement situé dans le centre-ville de Saint-Denis. 

Echanges de tirs à l’arme lourde, explosions, déploiement massif des forces de sécurité : le centre-ville de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, a été mercredi le théâtre d’une vaste opération au cours de laquelle deux personnes retranchées dans cet appartement sont mortes, dont une femme qui s'est fait exploser. Mais comment les enquêteurs sont-ils remontés jusqu’à ce logement ?

Les forces de sécurité étaient visiblement bien renseignées : en plus de connaître la ville et la rue où étaient cachés les suspects, elles avaient identifié précisément l’appartement dans lequel ils étaient retranchés. Pour arriver à un tel résultat, plusieurs sources de renseignements ont été exploitées, comme l’a déclaré le procureur de Paris mercredi. "Dans le cadre de cette enquête, beaucoup de travail a été effectué et a permis d'obtenir par la téléphonie, les surveillances et les témoignages des éléments qui pouvaient laisser penser que le nommé (Abdelhamid) Abaaoud était susceptible de se trouver dans un appartement conspiratif à Saint-Denis", a déclaré François Mollin.

Les témoignages. Les enquêteurs ont d’abord pu s’appuyer sur les nombreux témoignages collectés depuis vendredi. Les appels à témoin relayés par les médias et à la diffusion des photographies des suspects a permis de diffuser largement l’information et de récolter des nombreux témoignages. Plusieurs personnes ont notamment déclaré avoir croisé certains suspects avant les attentats, ce qui a permis de se concentrer sur certaines zones en particulier.

Les voitures utilisées par les attentats. L’enquête a également grandement progressé grâce aux véhicules que les assaillants ont abandonnés dans Paris : une Renault Clio, une Volkswagen Polo et une Seat Leon. Certains de ces véhicules disposaient d’un GPS que les suspects ont utilisés, une partie d’entre eux étant belges et ne connaissant pas bien les rues parisiennes. Les enquêteurs ont ainsi pu retracer certains de leurs itinéraires et remonter jusqu’à plusieurs lieux stratégiques. C’est ainsi que les enquêteurs ont pu retrouver un pavillon loué à Bobigny par Brahim Abdeslam. L’identification de la planque à Saint-Denis a peut-être été rendue possible grâce au même procédé.

La surveillance. Les services de renseignement ont probablement joué un rôle mais leur implication est bien évidemment confidentielle.

La coopération internationale. Les enquêteurs ont également pu bénéficier de l'aide des services de sécurité et de renseignement d'autres pays. Si les échanges entre Etats ne sont pas systématiques en temps normal, ils sont devenus intensif depuis les attentats à Paris. Tout dossier dans lequel apparaissait le nom de l'un des assaillants a pu être transmis aux autorités françaises. Les services belges ont probablement transmis à la France tous les informations dont ils disposaient sur les assaillants et leur entourage. Ce qui a laissé penser aux enquêteurs que le chef opérationnel présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, était présent à Saint-Denis.

Les téléphones portables. Ces derniers sont devenus un élément fondamental de toute enquête. Or les forces de l’ordre ont retrouvé ce week-end un téléphone portable dans une poubelle aux alentours du Bataclan.  Sur cet appareil, ils ont retrouvé le dernier message envoyé : "on y va". Soupçonnant qu'il s'agisse du téléphone de l’un des assaillants, les enquêteurs ont donc passé au crible l'appareil. Toutes les communications effectuées à partir de ce téléphone ont été étudiées et leurs destinataires ont été localisés. Ce qui a probablement permis aux enquêteurs de concentrer leurs recherches sur Saint-Denis.