Agressé par des chauffeurs de taxi : "Je baignais dans ma mare de sang"

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Après avoir mentionné le service Uber, Alexandre a été violemment molesté par des chauffeurs de taxi, dans la nuit de samedi à dimanche, à Lyon. Il s'est confié au micro d’Europe 1, depuis son lit d'hôpital, à Paris. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Le jeune homme de 27 ans, au visage extrêmement marqué par les coups et encore hospitalisé, a raconté au micro d'Europe 1 l'agression dont il a été victime, semble-t-il de la part de chauffeurs de taxis. Une agression qui s'est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche, à Lyon, sur fond de conflit entre conducteurs non professionnels et artisans taxis.

Une altercation verbale. Ce soir-là, Alexandre et son ami voulaient prendre un taxi, mais il sont éconduits par le chauffeur qui "invoque la grève". Le véhicule afiiche pourtant un voyant vert, indiquant qu'il est libre. Alexandre le fait remarquer au conducteur et le ton monte entre les deux hommes. Aux "insultes" de l'artisan taxi et à l'injonction d'aller "se faire voir", le jeune homme répond : "ça ne m'étonne pas qu'avec de tels propos, les gens se détournent de plus en plus des taxis pour aller vers les VTC". C'est cette phrase "qui a mis le feu aux poudres", estime la victime. Le chauffeur sort du taxi, "très menaçant, très agressif". Mais un collègue intervient et désamorce la situation tendue : "on a même fini par se serrer la main, sympathiser", précise Alexandre.  

"Je baignais dans une mare de sang". Pourtant, à peine 150 mètres plus loin, le jeune homme, accompagné de son ami, est agressé : "J'ai senti une main sur mon épaule". Le chauffeur avec qui le jeune homme a eu une altercation verbale "avait un tee-shirt turquoise et l'autre (celui ayant calmé le jeu, ndlr) un tee-shirt saumon", indique-t-il. "Quand j'ai vu les coup de poing arriver, j'ai bien vu les deux couleurs arriver sur moi", affirme Alexandre qui attend beaucoup de l'enquête policière. 

L'angoisse d'être paralysé partiellement au visage. "J'ai entendu le craquement de mon nez, le craquement de mon sinus", se souvient Alexandre, qui a écopé de 21 jours d'ITT et d'un nez cassé. "Je baignais dans ma mare de sang, les deux taxis sont partis et les dizaines d'autres attroupés aussi", poursuit-il.

Le jeune homme s'est ensuite réveillé aux urgences, le dimanche matin. "La grande crainte que j'ai est de rester paralysé et insensible de la partie gauche de mon visage", confie-t-il, marqué par l'agression. Son visage est si tuméfié que le père de la victime a déclaré, mardi matin sur Europe 1, ne pas reconnaître son fils

"Ce n'est pas avec la violence que l'on gagne un conflit". Face aux tensions actuelles qui opposent les VTC et les artisans taxis, il souhaite avant tout que sa parole soit entendue "pour pas que ça dégénère encore, que ça dégénère à l'encontre d'un chauffeur UberPop, à l'encontre d'un autre taxi". Ce n'est pas avec "la violence physique" que "l'on gagne un conflit", dénonce le jeune homme. Cela peut être "irrémédiable", souligne-t-il avant de conclure : "C'est inacceptable".