Accusés à tort de violence sur leur fille, ils la récupèrent de force

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Accusés à tort de violence sur leur fille, ils la récupèrent de force
Photo d'illustration@ AFP
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Un couple, accusé à tort de violences envers sa fillette, l'a "enlevée" lors d’un droit de visite encadré, sans attendre la décision de justice qui doit statuer sur la garde définitive de l'enfant.

Ils n’en pouvaient plus d’attendre. Sabrina et Yoan, accusés à tort de maltraitance, ont récupéré leur petite fille, Louna, bientôt âgée de quatre ans. Le couple avait été innocenté début juillet par le tribunal correctionnel de Nancy, plus de trois ans après que leur fillette a été placée suite à ces soupçons. Mais depuis leur relaxe, ils n’ont pas encore pu ramener Louna à la maison, puisque la justice n'a toujours pas statué sur la garde de l'enfant. Lors de leur droit de visite, jeudi, ils ont donc décidé de prendre les devants et de récupérer de force la petite fille.

Un premier petit-déjeuner en famille. Pour la première fois depuis son placement, alors qu’elle n’avait que trois mois, la petite Louna s’est donc réveillée, vendredi matin, chez elle, aux côtés de son petit frère,  de sa grande sœur, et de ses parents. "Il n’y a aucun souci. Elle s’est très bien endormie hier soir, elle a voulu faire dodo avec sa grande sœur. Et ce matin, premier petit déjeuner en famille, c’était très très plaisant", raconte Sabrina, la maman, au micro d’Europe 1.

"On veut juste récupérer notre fille". Elle justifie la raison de leur acte, hors-la-loi : "On a expliqué à l’assistante sociale que, comme la situation ne bougeait pas, on décidait de récupérer notre fille". Celle-ci "s’y est totalement opposé et ne voulait pas qu’on la prenne", rapporte Sabrina, qui poursuit : "On lui a dit : ‘Ce n’est pas contre vous’. On veut juste récupérer notre fille car cela fait trois ans et demi qu’on nous l’a retirée." Sabrina et Yoan repartent alors en voiture avec leur petite fille, entourée de ses frère et sœur, Léo et Lisa.

Du "bon sens". A présent, les parents de Louna s’attendent à l’arrivée des gendarmes d’une minute à l’autre. Ils ont bien conscience que leur geste constitue une infraction grave, celle de soustraction de mineur. Mais s’ils risquent gros, Sabrina et Yoan espèrent du bon sens de la part de la justice.

Malade, mais pas maltraitée. Dans cette affaire, tout est parti de rougeurs, de gonflements sur le corps de Louna lorsqu’elle n’était encore qu’un nourrisson. Ces traces ressemblant à des ecchymoses pouvaient laisser penser que la petite était battue par ses parents. Les parents ont alors été poursuivis pour violences et leur petite fille, placée dans une famille d’accueil.

Relaxés au terme d’une longue bataille judiciaire. Mais, les marques étaient en réalité dues à une maladie génétique rare, un angiœdème héréditaire, dont la mère elle-même est atteinte depuis son enfance. La relaxe des parents est intervenue cet été, seulement. Pour être enfin blanchis, ils ont dû se battre et faire prouver par un spécialiste que Louna était atteinte d’une pathologie particulière.Tous deux avaient d'ailleurs déploré sur Europe 1 "pour nous, il n’y a jamais eu présomption d’innocence".

Jeudi matin, en "enlevant" leur petite fille, Sabrina et Yoan ont anticipé la seule décision envisageable à leur yeux, mais pas encore prise par le juge des enfants : le retour de Louna dans sa famille. Reste à savoir si leur geste aura une conséquence sur le jugement du magistrat.