Les Etats-Unis pensent savoir comment la Corée du Nord s’est dotée d’un missile intercontinental

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Didier François traite d’un sujet international.

Ce tir par la Corée du Nord d’un missile intercontinental capable de toucher  le territoire américain a été une véritable surprise Didier pour les experts en prolifération nucléaire

Oui, puisque les techniciens nord-coréens ont subitement démontré leur maîtrise d’une portée supérieure à 10.000 km, alors qu’un essai réalisé au mois de juillet n’avait atteint que les 1.000 kilomètres. Une multiplication par 10 de leur capacités, en à peine un trimestre, ça indiquait l’accès à une nouvelle technologie. Et tout le monde se demandait qui avait bien pu la leur fournir, Iran, Pakistan, Chine, Russie, la suspicion était à son comble. Et bien le Washington Post dans une enquête très fouillée, publiée dans son édition du jour, livre une piste intéressante. Et qui semble corroborée par les centres de recherche spécialisés. Pyongyang aurait réussi à mettre la main sur des plans ultrasecrets de missiles sous-marins récupérés en 1993, après la chute de l’Union Soviétique, par un consortium privé russo-américain, mais dont l’objectif n’était pas de participer à la prolifération nucléaire, bien au contraire. Son but était de transformer des armes stratégiques de dernier cri, en lanceurs civils afin de mettre des satellites de communication en orbite, et fournir ainsi un emploi stable à des scientifiques soviétiques mis au chômage par l’effondrement du communisme, et qui justement, pour survivre auraient pu louer leurs services aux différents régimes cherchant à se doter de l’arme nucléaire.

Ce serait donc un raté absolument incroyable

Oui, d’autant que le projet aurait été bloqué par l’administration américaine de l’époque, qui le trouvait un peu risqué. En revanche une partie des savants au chômage pourrait parfaitement avoir décidé de poursuivre seule l’aventure. Et se seraient tournés vers les Nord-coréens. C’est en tous cas l’analyse de plusieurs experts américains interrogés par le Washington Post, qui remarquent d’énormes similitudes entre les plans de missiles sous-marins récupérés à l’époque par la société russo-américaine, et les derniers engins tirés par Pyongyang.

Mais pourquoi est-ce que ça aurait pris tant de temps entre l’acquisition des plans et la réalisation de missiles opérationnels ?

Alors à cette interrogation les spécialistes ont également une réponse, et c’est qu’il était très difficile d’obtenir les machines nécessaires à  la réalisation  de ces engins, particulièrement pour la Corée du Nord qui est sous un international embargo sévère. Alors l’explication vaut ce qu’elle vaut. Et honnêtement moi je ne suis pas capable de me prononcer sur des questions aussi techniques, mais toujours selon ces spécialistes, les progrès réalisés, dans le domaine des ordinateurs personnels par exemple, permettrait de développer sans difficulté, aujourd’hui, des engins d’excellent niveau conçus dans les années 90. Ce qui pour le régime nord-Coréen, est très largement suffisant.