La descente aux enfers du Parti socialiste

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques jours du premier tour des élections législatives.

La descente aux enfers du Parti socialiste.

Plus de chef, plus d’électeurs, de moins en moins d’élus et bientôt, sans doute, plus de siège social à Paris. Le PS est à l’article de la mort politique, et sa probable faillite financière devrait même l’obliger à vendre l’hôtel particulier de la Rue de Solférino.
Si la présidentielle l’a gravement blessé (Hamon n’a fait que 6%), les législatives devraient lui donner le coup de grâce. Le PS pourrait être réduit à une trentaine de députés, contre 279 dans l’Assemblée sortante.
La débâcle est telle que certains candidats se cachent pour ne pas mourir en ne revendiquant pas leur étiquette, comme El Khomri et Touraine. D’autres désertent, comme Valls, qui n’est pas sûr pour autant d’être réélu dans son fief de l’Essonne. Et ceux qui pensent, forts de leur bonne image médiatique, sauver l’honneur des derniers des Mohicans, comme Vallaud-Belkacem, ne sont pas annoncés gagnants. Ci-gît le parti fondé par Mitterrand en 1971 : telle sera l’épitaphe du PS au soir du 18 juin.

Sous quelle forme le PS pourrait-il renaître ?

Comme Les Républicains, pris en étau entre Macron et le FN, le PS est pris en sandwich entre Macron et Mélenchon.
La voie est donc étroite. C’est peut-être Martine Aubry qui parle le plus juste en disant que la France a besoin d’une gauche "qui ne soit pas contestataire". Ce serait donc un PS qui a envie de changer les choses mais en gouvernant, contrairement au leader de la France insoumise. Mais ce serait aussi un PS qui refuserait de prendre un virage social-libéral, contrairement à Macron.
En tous les cas, le PS ne se reconstruira que s’il sort de ses batailles d’apparatchiks qui l’ont abimé, et que s’il renoue avec l’électorat populaire, qu’il a peu à peu abandonné au profit des minorités. Sinon, il est voué, comme le parti radical-socialiste, force dominante sous la IIIème République, à devenir marginal.

Qui peut relever ce défi ?

Certainement pas Cambadélis, l’actuel premier secrétaire, qui pourrait perdre son siège de député à Paris. Ni Benoît Hamon. Certains imaginent une direction collégiale, issue de la nouvelle génération. Mais faudrait-il encore que les jeunes pousses sauvent leur tête aux législatives, ce qui n’est pas acquis.