Trop de candidats aux Législatives !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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On n’a pas vu autant de candidats aux législatives depuis 2002 : 7.882 au total pour 577 sièges, soit à peu près 14 par circonscription. Une pure folie !

Le regard d'Yves Thréard. Législatives, la grande foire aux candidats.

On n’a pas vu cela depuis 2002, autant de candidats aux législatives : 7.882 au total pour 577 sièges, soit à peu près 14 par circonscription. Une pure folie !
Le record est détenu par la 9ème circonscription des Français de l’étranger - Afrique du nord et de l’Ouest - avec 27 candidats.
La cause principale de cette pléthore de postulants, c’est évidemment l’émergence de La République en marche, qui a dynamité le paysage politique. Après la victoire de son champion à la présidentielle, le mouvement de Macron va tenter d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Par ricochet, les partis traditionnels de l’alternance - Les Républicains à droite et le PS à gauche - se déchirent et provoquent la candidature d’une multitude de dissidents. Pour les électeurs, ce sera parfois très dur de savoir qui représente quel parti. Dans le centre de Paris, par exemple, Nathalie Kosciusko-Morizet, investie par les Républicains, affrontera Henri Guaino et Jean-Pierre Lecoq, tous deux membres, eux aussi, des Républicains !

Ces législatives seront donc l’occasion d’un grand chamboule-tout, d’une grande lessive.

Oui, d’autant que plus de 200 députés sortants ne se représentent pas et que des visages de la société civile, dans tous les partis, devraient faire leur entrée en nombre au Palais-Bourbon. Ces législatives vont faire bouger les lignes et ce n’est qu’au soir du second tour que devraient se fixer les rapports de force. Beaucoup de candidats, qui partent sous une étiquette, risquent fort, au soir du 18 juin, d’en changer, de quitter leur famille d’origine. Avec quelques cocasseries à la clé.
Ainsi dans la 18ème circonscription de Paris. Myriam El Khomri concourt sous l’étiquette du PS et Pierre-Yves Bournazel, sous celle des Républicains. Mais en cas de victoire, l’un comme l’autre se défroquera sans doute pour rallier la majorité présidentielle, si le mouvement de Macron triomphe.

Macron peut-il obtenir la majorité absolue ?

Les sondages nationaux donnent La République en marche largement en tête, avec plus de 30% d’intentions de vote. Un tsunami "macronien" n’est pas impossible.