La candidature de Duflot éclipsée par celles de Montebourg et de Sarkozy : est-ce le symbole de la faillite des écologistes ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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L'annonce de la candidature de Cécile Duflot est passée complètement inaperçue notamment parce qu'elle n'a rien fait pour l'écologie depuis qu'elle est en politique.

Avec les candidatures, coup sur coup, à la présidentielle de Montebourg et Sarkozy, celle de l’écologiste Cécile Duflot est passée quasi inaperçue.
 
Oui, et c’est tout un symbole. Celui de la difficulté de l’écologie à se faire une place dans le débat politique. D’ailleurs, Arnaud Montebourg n’évoque que vaguement le sujet. Rappelons d’ailleurs qu’il est favorable au gaz de schiste.
Quant à Nicolas Sarkozy, il n’en parle même pas dans son livre, sauf pour dire qu’il faut supprimer le principe de précaution. Lui qui avait pourtant organisé le Grenelle de l’environnement avec tambours et trompettes.
Il n’y a que Mélenchon qui en a fait un thème central, majeur de sa campagne. Par conviction ? Peut-être mais aussi parce qu’il pense qu’il y a là un gisement de voix important laissé en jachère par les écologistes eux-mêmes.
 
La faute aux écologistes eux-mêmes donc ?
 
Bien sûr et c’est assez risible d’entendre Cécile Duflot dire qu’elle est candidate pour que l’écologie ne soit pas la grande oubliée de la présidentielle.
Mais qu’a-t-elle fait, elle, depuis qu’elle est en politique ? Toute autre chose que de l’écologie précisément.
Elle est plus occupée par les batailles de personnes à l’intérieur d’Europe Écologie Les Verts où on ne cesse de se crêper le chignon pour savoir qui aura le dernier mot.
Quand elle était ministre, on l’a moins entendue parler d’écologie que des droits de l’homme, on l’a moins entendue crier sur la politique nucléaire de François Hollande que s’indigner du sort réservé aux Roms par Valls.
C’est assez cocasse de voir qu’elle veut maintenant écrire dans la Constitution que notre République est écologique.
 
Peut-elle se faire une place dans la course à la présidentielle ?
 
Clairement non. D’abord parce qu’elle compte beaucoup d’ennemis dans son propre parti et chez les écolos. C’était Nicolas Hulot qui était le candidat naturel des Verts, mais il a renoncé, notamment à cause du panier de crabes qu’est Europe Écologie Les Verts.
Ensuite, parce qu’elle a bien peu de crédibilité. L’écologie n’a jamais brillé dans une présidentielle faute d’une figure de proue charismatique.
Seul Daniel Cohn-Bendit a réussi à porter haut l’étendard, mais c’était aux élections européennes de 2009.

Les écologistes n’ont pas tué l’écologie politique, mais ils se sont fait hara-kiri, Duflot la première.