ExxonMobil : le géant américain du pétrole devient écolo

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Le zoom éco est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Le premier pétrolier américain a écrit à Donald Trump pour lui demander de respecter les accords de Paris sur le climat.

Le premier pétrolier américain, ExxonMobil, a écrit à Donald Trump pour lui demander de respecter les accords de Paris sur le climat.

C'est à n'y rien comprendre.
Donald Trump a signé mardi un décret pour relancer le charbon aux États-Unis. 
Le "merveilleux charbon propre" a-t-il dit. Le président américain a promis, on le sait, de sortir des accords de Paris. 

Sauf qu'effectivement, il doit faire face à l'opposition surprise d'ExxonMobil, la major américaine du pétrole que l'on connaît en Europe sous la marque Esso.
ExxonMobil qui, souvenez-vous, était pourtant très "trumpiste", puisque la compagnie américaine avait même financé des études climato-sceptiques pour nier l'impact de l'homme dans le changement climatique.
Aujourd'hui, retournement complet de situation, le même ExxonMobil demande à Donald Trump de respecter les accords de Paris sur le climat.

Qu'est-ce qui explique ce changement radical ? ExxonMobil a-t-il fini par réaliser les dégâts du réchauffement climatique ?

Non, Exxon n'est pas devenu écolo, c'est une simple question de business.
Il y a deux raisons :
La première, c’est que l’'Amérique croule sous le gaz de schiste. Exxon est un grand exploitant de gaz de schiste. Il n’a donc aucun intérêt à relancer le charbon.
Aux États-Unis, les énergéticiens ont complètement tourné la page du charbon.
La seconde, c’est que l'Amérique n'est pas une île. Elle doit rester compétitive face au reste du monde. Or, le monde entier est en train de se mettre aux technologies propres, à la voiture propre (y compris en Chine).
Si l'Amérique et les compagnies pétrolières américaine veulent rester à niveau et qu’elles veulent rester compétitives dans ce monde qui veut réduire ses émissions de C02, l'industrie américaine doit suivre le mouvement et se mettre aux technologies bas carbone.

C'est ça qui est très encourageant. La réduction des émissions de C02 n'est plus vue comme une contrainte par les grandes entreprises mais au contraire comme une opportunité. Un nouveau terrain de jeu où il faut être le meilleur. Et ça commence à porter ses fruits car l'an dernier aux États-Unis, les émissions de C02 ont baissé de 3%. Le mouvement est enclenché, n'en déplaise à Donald Trump.