L’art de retourner sa veste de Bruno Fuligni : un livre dans l’air du temps

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Le livre du jour est une chronique de l'émission Europe nuit
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Chaque soir, Nicolas Carreau nous emmène à la découverte des plus belles nouveautés littéraires.

L’art de retourner sa veste de Bruno Fuligni à La Librairie Vuibert.

Un livre dans l’air du temps.

Un essai de l’historien Bruno Fuligni intitulé : L’art de retourner sa veste. Un livre qui s’intéresse donc à la trahison, à la félonie et à la "ragusade".

La "ragusade" ?

Oui. C’est un terme qui a un peu disparu mais qui fut longtemps un synonyme d’opportuniste. Et c’est aussi la première histoire incroyable que nous raconte Bruno Fuligni dans ce livre. La ragusade fait référence à la cité de Raguse, mieux connue sous le nom de Dubrovnik aujourd’hui. Raguse avait mis en place un système politique idéal. Le chef de la cité, pour aller vite, était choisi parmi les citoyens et changeait tous les mois. Mais pendant ce mois, le "Recteur", le chef, n’avait pas le droit de quitter le palais, entouré uniquement des fonctionnaires de la république, sans courtisan, sans diner, sans rien, uniquement tourné vers la bonne gestion de la cité. Raguse a tenu longtemps mais Napoléon a fini par s’en emparer. L’empereur a nommé un homme à lui, le général Marmont à la tête de la cité. Sauf que lui n’avait pas du tout l’intention de lâcher le pouvoir au bout d’un mois. Il est devenu duc de Raguse grâce à Napoléon, mais ça ne l’a pas empêché de le trahir en 1814, c’est-à-dire au moment de sa chute, pour rejoindre ensuite le roi Louis XVIII. Le duc de Raguse est donc devenu un nom commun, la ragusade, la trahison.

Ce sont surtout des hommes politiques donc ?

Il y en a beaucoup, bien sûr. Des très célèbres, comme Mirabeau, évidemment, à la révolution. Mais on rencontre aussi des girouettes dont le nom a été oublié et d’autres plus surprenant, comme le peintre David, par exemple. Célèbre notamment pour ses tableaux à la gloire de l’empereur, encore lui. Comme le sacre de Napoléon. Mais avant ça, il mettait son art au service du roi Louis XVI, dont il a voté la mort quand le vent a tourné. Il est devenu ensuite le peintre de la république, avec la mort de Marat, vous savez dans sa baignoire. Et puis, un dernier : Jules Verne ! Conservateur d’abord, anti-républicains, il se fera élire au conseil municipal d’Amiens sur la liste républicaine radicale.

Pour mieux connaitre les opportunistes donc : L’art de retourner sa veste de Bruno Fuligni à la Librairie Vuibert.