J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste de Loïc Prigent : le recueil de citations

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Le livre du jour est une chronique de l'émission Europe nuit
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Chaque soir, Nicolas Carreau nous emmène à la découverte des plus belles nouveautés littéraires.

J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste de Loïc Prigent aux éditions Grasset

Le livre du jour est un recueil de citations ce matin.

Oui mais l’auteur préfère les appeler des "pépiements", comme le cri des petits oiseaux. Sauf que la volière de Loïc Prigent, ce sont les podiums de défilés de mode. Il est journaliste, spécialiste de la mode, et il ne peut pas s’empêcher de laisser trainer ses oreilles ici et là. Et forcément, dans ce milieu, peut-être plus que dans d’autres : ça ricane, ça se moque, ça dit du mal, ça "bitch". Il a réuni toutes ses bribes de conversations entendues dans ce livre donc, intitulé J’adore la mode, mais c’est tout ce que je déteste. C’est souvent très drôle et parfois étrangement lucide sur cet univers un peu particulier.

Quelques exemples ?

Bien sûr, mais le problème, c’est que l’on a envie de tous vous les citer. Alors, ce n’est jamais contextualisé, on ne sait jamais qui parle et à qui, on le devine. Vous allez voir, c’est un monde merveilleux, un monde professionnel.  "Elle m’a dit qu’on pouvait tout filmer. Ensuite, elle a précisé : sauf le créateur, les équipes, le décor, et ne pas poser de questions." "Il voulait se faire virer alors il est venu en costume saumon au studio pendant un mois." "Il a un salaire d’un million par mois. Brut ou net ?" Un monde d’hypocrisie ! "Je n’ai pas encore eu le temps de le lire, mais il est génial ton magazine." Un monde régit bien entendu par la dictature de la minceur et de la beauté "T’as du sucre ?" Réponse :"Y a pas de sucre dans cette maison." "Elle est belle, mais il faudrait lui enlever le front." "Les gens sont moches. S’ils étaient beaux, ils n’auraient pas besoin de nos fringues." "Elle habite où ? Devant un miroir." "Elle a les cheveux trop noirs et la bouche trop rouge. Elle ressemble à un barbecue."  Un monde parisien aussi : "J’ai un rencard, mais il ne se passera rien, il est maqué." Réponse : "On est à Paris, personne n’est maqué."  "T’es du 15ème arrondissement ? Oui, comment tu sais ? Je t’ai reconnu à l’accent !"

Effectivement, c’est un univers impitoyable.

Oui et en même temps, malgré les apparences, Loïc Prigent l’observe avec une certaine tendresse, et beaucoup d’autodérision.

Pour en lire d’autres, c’est donc dans le recueil : J’adore la mode, mais c’est tout ce que je déteste, chez Grasset.