Les quarts de finale de l'Euro, le sommet européen de crise et la Grande-Bretagne a perdu son triple A : les experts d'Europe 1 vous informent

  • A
  • A
Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

François Clauss, Antonin André et Axel de Tarlé font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

Quatre jours après le Brexit, les marchés financiers continuent de dévisser. Hier soir, l'agence Standard & Poor's a dégradé d’un coup de deux crans la note de la Grande Bretagne.

La Grande Bretagne a perdu son triple A. Ce qui est intéressant, ce sont les explications de standard And Poor’s.

D’abord, politiquement, le Royaume Uni, c’est quoi ? Avec ou sans l’Écosse. 
Et puis, économiquement, toutes incertitudes liées au Brexit font que le pays va avoir du mal à attirer des capitaux.
Or, et cela révèle un gros point faible du pays, la Grande-Bretagne a un besoin vital de capitaux étrangers pour financer son énorme déficit extérieur de 162 milliards d'euros soit le triple de la France (46 milliards).

Le Bréxit révèle donc les points faibles de ce pays et détruit les points forts, à savoir :

- Les banques anglaises, qui chutent de 25 %. La question est "pourront-elles toujours travailler de la même façon partout en Europe?" C'est peu probable.
- Les compagnies aériennes anglaises chutent elles aussi: -31% pour British Airways et -32% pour EasyJet. Même question, "pourront-elles toujours bénéficier de l'accord "ciel unique" et opérer de la même façon en Europe ?"
Autre problème pour les compagnies aériennes, la chute de la livre de 12% va renchérir d'autant la facture en kérosène car le pétrole s’achète en dollar et pas en livre.

Toutes ces interrogations, fondées ou non, vont paralyser la vie économique. Qui a envie d'investir en Grande-Bretagne ?

Mais, on aurait tort de se réjouir car cette déstabilisation de la Grande Bretagne qui est la 5e économie mondiale, a un impact planétaire. En Deux jours, 3.000 milliards de valeur boursière sont parties en fumée dans le monde, c'est un record (plus qu’en 2008 ou en 1987). L'équivalent du PIB de la France, perdu en Bourse en deux jours. C'est un appauvrissement à même de saper la confiance des entrepreneurs et des investisseurs.